Diplomatie

Tchad : pourquoi Idriss Déby Itno a choisi le ministre des Affaires étrangères Amine Abba Siddick 

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Le diplomate Amine Abba Siddick est le nouveau ministre des Affaires étrangères du Tchad.

Le diplomate Amine Abba Siddick est le nouveau ministre des Affaires étrangères du Tchad. © LUDOVIC MARIN/AFP

En nommant Amine Abba Siddick ministre des Affaires étrangères, Idriss Déby Itno a privilégié un technocrate peu clivant. Respecté par l’opposition, il est aussi en mesure de s’appuyer sur de bons contacts dans les pays arabes et, surtout, en France.

En rappelant à N’Djamena son ambassadeur en France, Idriss Déby Itno (IDI) a souhaité remplir plusieurs objectifs. D’abord, renforcer une fois encore ses liens avec Paris, où Amine Abba Siddick faisait depuis plusieurs années office d’homme de confiance du chef de l’État tchadien auprès du Quai d’Orsay et de son ministre des Affaires étrangères, Jean-Yves Le Drian.

Le président tchadien, qui dispose en outre d’un relais privilégié auprès des renseignements français en la personne d’Ahmed Kogri, patron de l’Agence nationale de sécurité (ANS), compte en effet sur ce diplomate « réservé mais ouvert », d’après ses proches, pour maintenir une confiance diplomatique au beau fixe avec la France.

Amine Abba Siddick est également un fin connaisseur du monde arabe après avoir été ambassadeur en Égypte, au Liban et en Syrie. Selon nos informations, Idriss Déby Itno a notamment prévu de s’appuyer sur lui pour co-gérer le dossier libyen, dans lequel Le Caire est très fortement impliqué.

En bons termes avec l’opposition en exil

Ex-directeur du cabinet civil du chef de l’État, le nouveau ministre des Affaires étrangères, membre de la première heure du Mouvement patriotique du salut (MPS, au pouvoir), avait un peu perdu de vue IDI lorsqu’il avait été nommé secrétaire général du Parlement puis de la commission interparlementaire de la Cemac à Malabo. Mais, d’après un proche d’IDI, Amine Abba Siddick n’a jamais perdu la confiance du président.

Toujours selon nos informations, il entretient des rapports cordiaux avec l’opposition et la société civile en exil en France, notamment avec Abakar Tollimi ou le blogueur Makaila Nguebla, très actif en région parisienne dans la lutte contre le pouvoir d’Idriss Déby Itno.

Calmer les diplomates

Bénéficiant des réseaux de son père, feu Abba Sidick, ex-chef du Frolinat décédé en 2017, le nouveau ministre est également en bons termes avec les députés Saleh Kebzabo, Mahamat Saleh Makki et Gali Ngothé Gatta, ou encore avec l’homme d’affaires Abakar Adoum Manany, ancien conseiller d’IDI devenu aujourd’hui l’un des détracteurs du président en Europe.

Enfin, Idriss Déby Itno espère, avec la nomination d’un technocrate peu intéressé par les joutes politiques, faire taire une sourde fronde au sein du ministère des Affaires étrangères, où Mahamat Zene Chérif, chef de la diplomatie sortant, était critiqué par ses propres troupes. Plusieurs diplomates de carrière lui reprochaient en effet de les marginaliser au profit de son cercle familial et de certains proches.

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