Économie

Slim Othmani : « Issad Rebrab devrait être encensé »

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Slim Othmani est le président du conseil d'administration de NCA Rouiba.

Slim Othmani est le président du conseil d'administration de NCA Rouiba. © Vincent Fournier/JA

Société civile, réformes économiques, rente pétrolière… Sur tous ces sujets sensibles, Slim Othmani, le grand patron algérien, apporte son éclairage.

Sa démission, le 15 mars, du Forum des chefs d’entreprises (FCE) en raison du soutien apporté par la principale association patronale algérienne au candidat Abdelaziz Bouteflika a fait grand bruit. Grand invité de l’économie de RFI et Jeune Afrique, l’homme d’affaires réputé pour son franc-parler revient sur l’élection présidentielle et les grands défis économiques qui attendent son pays.

La forte abstention

Bio

Dirigeant de NCA Rouiba, la société familiale de jus de fruit créée en 1966 par son grand-père et son père, Slim Othmani, 58 ans, est également un acteur engagé du débat économique.

Président du think tank Care, il est aussi membre du collectif Nabni (Notre Algérie bâtie sur de nouvelles idées).

La société civile commence à prendre conscience de son rôle et de son poids. Une culture du vote et de la participation à la vie de la cité s’installe. Le taux d’abstention [environ 48 %] ne traduit pas un manque de maturité des Algériens mais, au contraire, indique qu’ils sont entrés dans une phase de réflexion. Il traduit aussi un malaise par rapport à cette élection, que la société envisageait autrement.

L’économie absente des débats

Il fallait un argument plus percutant que l’économie pour faire accepter le quatrième mandat : la stabilité. Le pouvoir use et abuse de la rente pétrolière. Les logements sont offerts, les soins de santé quasiment gratuits, les produits subventionnés. Il est utopique de croire que des réformes économiques seront envisagées puisque la population est satisfaite.

Première partie de l’interview


Slim Othmani : « Le pouvoir algérien use et… par Jeuneafriquetv

L’arrêt des subventions ?

Un gouvernement responsable ne peut pas rompre brutalement avec cette politique. Il faut continuer à développer les hydrocarbures et poursuivre le soutien des prix une dizaine d’années. Passé ce cap, ou même pendant cette période, nous pourrons amorcer l’arrêt ou le lissage des subventions.

L’image des entrepreneurs

L’entreprise privée a toujours été diabolisée, elle sucerait le sang de la nation. Le chef d’entreprise est décrit comme ventripotent, corrompu, suspect… Mais les choses évoluent avec une nouvelle génération de patrons qui récusent cette image.

Rebrab

Je suis très fier des réalisations à l’étranger d’Issad Rebrab, le patron de Cevital. On devrait l’encourager plutôt qu’entraver ses efforts. J’ai l’impression qu’il est surtout jalousé par beaucoup. En Algérie, la solidarité patronale est souvent mise à mal par les patrons eux-mêmes. Rebrab devrait être encensé. Stratégie internationale Le gouvernement algérien devrait faire des acquisitions stratégiques en Europe. Il aurait dû se positionner sur les dossiers Peugeot et Alstom. Ce dernier est actif en Algérie, il monte une usine de rames de wagons. Notre pays a raté beaucoup d’occasions.

Deuxième partie de l’interview


Slim Othmani : « Issad Rebrab devrait être encensé » par Jeuneafriquetv

L’intégration régionale

Depuis le XIXe siècle, le Maroc se comporte comme un pays insulaire. Il joue à part. C’est pour cette raison que le projet maghrébin restera une utopie.

La loi 51 % - 49 %

C’est une loi mal pensée, une aberration dans sa forme, parce qu’elle s’applique de manière indifférenciée. Il faudrait la limiter à certains secteurs stratégiques. Pour freiner les sorties de dividendes, on pourrait demander aux investisseurs étrangers de réinvestir 33 % de leurs bénéfices localement.

Propos recueillis par Frédéric Maury (J.A.) et Frédéric Garat (RFI).

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