Politique

Présidentielle en Centrafrique : François Bozizé à l’assaut de Bangui

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Mis à jour le 24 juillet 2020 à 14h37
François Bozizé devrait être désigné candidat à la présidentielle de décembre 2020 par son parti au cours du congrès qui s'ouvre ce 24 juillet 2020 à Bangui. Ici en 2012, au Palais présidentiel.

François Bozizé devrait être désigné candidat à la présidentielle de décembre 2020 par son parti au cours du congrès qui s'ouvre ce 24 juillet 2020 à Bangui. Ici en 2012, au Palais présidentiel. © Vincent Fournier/Jeune Afrique/JA

Le parti Kwa na Kwa s’apprête à désigner François Bozizé comme son candidat à la présidentielle de décembre prochain. L’occasion pour l’ancien chef de l’État centrafricain de muscler sa communication à Bangui, au grand dam des partisans de Faustin-Archange Touadéra, qui y voient une « provocation ».

C’est une véritable offensive de propagande politique. Depuis plusieurs jours, les Banguissois voient fleurir sur les murs et aux coins des principaux carrefours de la capitale des dizaines d’affiches sur lesquelles un François Bozizé tout sourires fait face à un public de militants. En dessous, un simple slogan : « Lango ni a lingbi axè » (« le jour est arrivé », en sango).

La raison de ces soudaines apparitions ? Le Kwa na Kwa, le parti de l’ancien chef de l’État, va désigner ce dernier comme son candidat pour l’élection présidentielle prévue en décembre prochain lors d’un congrès qui s’ouvre ce vendredi 24 juillet.

Si sa désignation n’est qu’une formalité, l’ancien président déchu – qui est toujours sous le coup des sanctions onusiennes prononcées en 2014 – devra, dans la campagne électorale qui s’ouvre, faire face à la mobilisation des partisans de Faustin-Archange Touadéra. Le chef de l’État centrafricain a d’ailleurs mis en place, au sein de son Mouvement cœurs unis (MCU), un véritable dispositif consacré à contrecarrer les espoirs de reconquête électorale de Bozizé.

L'une des affiches du KNK, le parti de François Bozizé, qui ont fleuri dans les rues de Bangui en amont du congrès du 24 juillet.

L'une des affiches du KNK, le parti de François Bozizé, qui ont fleuri dans les rues de Bangui en amont du congrès du 24 juillet. © Pacôme Pabandji pour Jeune Afrique

La colère des pro-Touadéra

Du côté du pouvoir, on cache d’ailleurs difficilement son aigreur face à l’offensive de l’ancien dirigeant, tout en faisant mine de ne pas accorder beaucoup de crédit à la stratégie de communication déployée par le KNK.

« C’est de la provocation », lâche un conseiller de Faustin-Archange Touadéra, qui estime que le KNK tente de pousser le pouvoir à la faute. « Bozizé et ses proches cherchent tous les prétextes pour prétendre qu’ils sont persécutés. Ces affiches, que l’on a vu partout à Bangui, aucun autre président au monde ne les aurait tolérées », estime notre source.

Albert Yaloke-Mokpem, porte-parole de la présidence, parle lui aussi de « provocation », mais assure qu’elle n’a pas atteint l’effet escompté. « On est à l’approche des élections, on verra de plus en plus ce genre de choses. Mais Faustin-Archange Touadéra n’y prête aucune attention tant il est concentré sur les efforts à fournir pour réparer ce que ses prédécesseurs ont détruit », affirme-t-il.

Mise en scène

Au sein du Kwa na Kwa, on ne boude pas son plaisir d’avoir piqué au vif les partisans de Touadéra. « La loi sur les partis politiques nous autorise à mener ce type d’action, et on ne va certainement pas se cacher dans des trous pour faire plaisir au régime », vitupère Christian Guenebem, le porte-parole de la formation. « Quand les autres partis organisent leur congrès, ils mettent des affiches partout dans Bangui. Pourquoi est-ce que l’on ne parle de provocation que lorsqu’il s’agit de Bozizé ? »

Dans le bras de fer politique qu’il a engagé avec Touadéra depuis son retour en Centrafrique en décembre dernier, notamment dans la très disputée région de l’Ouham, François Bozizé accentue la pression. Tandis que le KNK est devenu très actif sur la scène médiatique, multipliant les sorties, Bozizé orchestre soigneusement chacune de ses apparitions publiques.

Début mai, lorsque l’ancien président s’est rendu chez son coiffeur dans le quartier de Lakouanga, le KNK avait battu le rappel des motos-taxis, qui ont fait cortège dans son sillage en scandant des « Bozizé, président ». Désormais, pour Bozizé, la moindre occasion, même la plus anecdotique, est bonne pour labourer le terrain politique.

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