Technologie

Comment Facebook a tissé sa toile dans l’internet africain

Réservé aux abonnés | | Par
Mis à jour le 23 juillet 2020 à 17h26
Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, lors d'une conférence de presse le 31 janvier 2020 à Salt Lake City, aux Etats-Unis.

Mark Zuckerberg, le fondateur de Facebook, lors d'une conférence de presse le 31 janvier 2020 à Salt Lake City, aux Etats-Unis. © Trent Nelson/AP/SIPA

Ces cinq dernières années, le réseau social de Mark Zuckerberg a construit et investi dans une myriade d’actifs dédiés à la connectivité du continent.

Dans les marchés où la pénétration d’internet est faible, Mark Zuckerberg n’a qu’une seule idée fixe pour Facebook : faire en sorte que les contenus qu’il diffuse soient consultables rapidement, sans coupure ni latence. Au fil des années, ce qui n’était qu’un réseau social en ligne s’est ainsi transformé en « grand propriétaire » d’infrastructures internet. C’est du moins le cas en Afrique, où encore 24 % de la population n’est pas abonnée à l’internet mobile et où le géant de Menlo Park a investi en cinq ans plusieurs centaines de millions de dollars dans des projets liés à la connectivité.

Dans une étude menée pour le compte du réseau social et publiée mercredi 22 juillet, le cabinet londonien de conseil spécialisé dans les télécoms et la technologie, Analysys Mason, dresse la liste des actifs de Facebook sur le continent.

Des kilomètres de fibre optique

Le dernier en date – et le plus médiatique – est le câble sous-marin 2Africa. Financé par Facebook avec un consortium d’opérateurs de télécommunications internationaux, il doit entourer le continent d’ici trois à quatre ans et connecter 16 pays africains au reste du monde.

Sur la terre ferme, Facebook qui cartographie les besoins en réseau depuis 2016 s’implique dans des projets très localisés, en partenariat avec des opérateurs locaux. Capable d’estimer que 45 % de la population subsaharienne vit à plus de 25 kilomètres d’un nœud de fibre optique, l’entreprise a déployé à partir de 2017, 100 kilomètres de câbles posés avec l’opérateur Vast Network à Diepsloot et Katlehong, deux communes situées en banlieues de Johannesburg.

Un an plus tard en Ouganda, 770 kilomètres de fibre ont été tirés avec l’aide du fournisseur kényan Bandwidth & Cloud Services Group (BCS) et de l’opérateur Airtel.

Nous avons testé l’idée d’installer des infrastructures partagées pour voir quel impact cela pourrait avoir sur ces marchés

Plus récemment, en février 2019 au Nigeria, le Gafam s’est allié à l’opérateur de réseau MainOne pour poser environ 750 kilomètres de fibre dans des zones rurales situées au sein des États d’Edo et d’Ogun, ainsi que dans certaines zones des capitales régionales. « Nous avons testé l’idée d’installer des infrastructures partagées pour voir quel impact cela pourrait avoir sur ces marchés. Bien qu’il soit encore tôt pour en tirer toutes les conclusions je dirais que les premiers résultats de ce projet pilote sont intéressants mais pas non plus significatifs », concède Funke Opeke, directrice générale de MainOne contactée par Jeune Afrique.

Des serveurs dans presque tous les pays

Le réseau social s’implique aussi dans des infrastructures périphériques installées sur le continent. À l’image des points d’échange internet installés au Burundi, en République démocratique du Congo (RDC), au Gabon, en Gambie, au Kenya, au Mozambique, au Nigeria, en Afrique du Sud et en Ouganda. Ces derniers permettent de connecter entre eux les réseaux de plusieurs fournisseurs d’accès à internet (FAI) ce qui réduit les coûts et améliore la qualité et la rapidité des échanges.

Facebook possède également trois points de présence à Johannesburg, Mombasa et Lagos. En d’autres termes, elle loue des armoires de serveurs dans des datacenters pour héberger localement des données et les desservir rapidement aux FAI. Ailleurs (44 pays au total), l’entreprise dispose de quelques serveurs pour héberger des contenus fortement demandés et ainsi les distribuer rapidement.

Si le montant total de ces actifs demeure inconnu, Analysys Mason a néanmoins estimé que ces derniers devraient contribuer positivement au PIB du continent. Plus de 57 milliards de dollars de richesses supplémentaires devraient ainsi être créées sur cinq ans. Nul doute que Facebook saura en profiter.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte