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Cet article est issu du dossier «Présidentielle en Côte d'Ivoire : le décès d'Amadou Gon Coulibaly rebat les cartes»

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Politique

Côte d’Ivoire : le vide institutionnel s’installe au sommet de l’État

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Mis à jour le 22 juillet 2020 à 16h16
Le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, en 2016 à l'Assemblée générale de l'ONU.

Le chef de l’État ivoirien, Alassane Ouattara, en 2016 à l'Assemblée générale de l'ONU. © Carlo Allegri/REUTERS

Premier ministre décédé, vice-président démissionnaire, présidents des deux chambres parlementaires absents… Ces derniers jours, Alassane Ouattara paraît bien seul au sommet de l’État.

Un malheur n’arrive jamais seul. Cet adage, Alassane Ouattara le mesure pleinement depuis la disparition brutale de son Premier ministre Amadou Gon Coulibaly, le 8 juillet à Abidjan. En pleine tourmente personnelle et politique depuis la mort de celui qu’il considérait comme son propre fils, et qu’il avait choisi comme dauphin pour tenter de lui succéder à la présidentielle d’octobre, voici le chef de l’État confronté à un vide institutionnel inédit depuis son arrivée au pouvoir en 2011.

À la tête du gouvernement, personne n’a encore été nommé pour succéder à Gon Coulibaly. Ces derniers jours, le président, qui a l’intention de le remplacer comme candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) et de briguer un troisième mandat, multiplie les entretiens au palais et à sa résidence de la Riviera-Golf.

Hamed Bakayoko, ministre d’État en charge de la Défense, qui avait assuré l’intérim du défunt Premier ministre pendant ses deux mois de convalescence à Paris, est fortement pressenti pour lui succéder. Mais le choix n’est pas encore définitivement arrêté et d’autres profils, comme Patrick Achi, le secrétaire général de la présidence, ou encore un technocrate pur jus pourraient finalement être choisis.

La démission de Daniel Kablan Duncan

Personne n’a également été nommé pour remplacer Daniel Kablan Duncan à la vice-présidence. Deuxième personnage de l’État et dauphin constitutionnel du président depuis la promulgation de la nouvelle Constitution, en 2016, ce poids lourd de l’exécutif a démissionné le 13 juillet pour « convenance personnelle ». Ces derniers mois, ses relations avec Alassane Ouattara s’étaient distendues. Kablan Duncan, 78 ans, n’avait notamment pas digéré que Gon Coulibaly lui soit préféré comme successeur désigné de Ouattara.

Dix jours avant la démission du vice-président, Jeannot Ahoussou-Kouadio, le président du Sénat, avait quitté la Côte d’Ivoire pour effectuer son contrôle médical annuel en Allemagne. Mais une fois sur place, il a été diagnostiqué positif au Covid-19. Selon un communiqué de son cabinet diffusé le 11 juillet, « son état de santé est considéré comme globalement satisfaisant ». Toujours en convalescence sur place où il poursuit son traitement, aucune date n’a été annoncée pour son retour à Abidjan.

Le 20 juillet, c’était au tour d’Amadou Soumahoro, le président de l’Assemblée nationale, de s’envoler pour Paris. Officiellement, son déplacement est lié à ses activités au sein de l’Assemblée parlementaire de la francophonie (APF). Mais, selon nos informations, il y serait d’abord pour réaliser des examens médicaux.

Enfin, un autre fauteuil stratégique est toujours inoccupé au sommet de l’État : celui de président du Conseil économique, social, environnemental et culturel (Cesec). Depuis le décès de Charles Koffi Diby, le 7 décembre 2019, personne n’a été désigné pour le remplacer. Ancien ministre de l’Économie et des finances puis des Affaires étrangères d’Alassane Ouattara, il avait été nommé mi-2016 et avait été confirmé à son poste par décret présidentiel quelques semaines avant sa mort.

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