Politique

RDC : que va devenir John Numbi, le controversé général qui refuse de rentrer à Kinshasa ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 21 juillet 2020 à 16h52
John Numbi, en janvier 2011.

John Numbi, en janvier 2011. © PHOTO/JUNIOR KANNAH / AFP

Le cas John Numbi, resté sans fonctions à l’issue du remaniement effectué le 17 juillet dans l’armée, divise au sein de la présidence congolaise. Voici pourquoi.

Selon nos informations, le général John Numbi a refusé de quitter son bastion du Katanga, s’y sentant beaucoup plus en sécurité qu’à Kinshasa. D’après des sources sécuritaires, il exerce encore une forte influence sur des militaires et groupes de jeunes de la région.

Forte pression

Le 17 juillet, alors que beaucoup de généraux sous sanctions ont conservé un poste, voire bénéficié de promotions, l’inspecteur général des FARDC a été mis à l’écart lors d’un large remaniement effectué par Félix Tshisekedi au sein de l’armée congolaise. Le départ de ce très proche de Joseph Kabila était réclamé avec insistance par les États-Unis, qui persistent à maintenir une forte pression sur le président. John Numbi, comme de nombreux autres officiers de l’armée, est en effet sous sanctions américaines, européennes et onusiennes depuis 2016.

Si Washington n’a pas manqué de saluer publiquement sa mise à l’écart, son cas crée des crispations au sein de la présidence congolaise. Toujours selon nos informations, certains sécurocrates qui entourent le président, dont François Beya, son conseiller spécial en matière de sécurité, estiment qu’il serait imprudent que John Numbi reste sans fonctions, craignant qu’en devenant un électron libre, il soit incontrôlable. D’autres influents collaborateurs sont en revanche sur une ligne opposée, à l’instar de Fortunat Biselele, le conseiller privé de Tshisekedi.

Une certaine méfiance

À noter que, au sein de la Cité de l’Union africaine, François Beya, qui a longtemps dirigé la Direction générale de migration (DGM) lorsque Joseph Kabila était au pouvoir, suscite toujours une certaine méfiance dans l’entourage proche de Tshisekedi.

Dans le camp de Joseph Kabila, certains caciques voient par ailleurs dans cette mise à l’écart de Numbi une tentative d’opposer ce dernier à l’ex-président, celui-ci n’ayant pas été en mesure de le maintenir en poste.

John Numbi est notamment suspecté d’avoir joué un rôle dans l’assassinat, en juin 2010, du défenseur des droits de l’homme Floribert Chebeya, l’ancien président de l’ONG La Voix des sans-voix, ainsi que de son chauffeur, Fidèle Bazana.

À la suite de ce scandale qui avait pris une ampleur internationale, il avait été démis de ses fonctions de chef de la police, avant de revenir dans la lumière en 2017, décoré de l’Ordre des héros nationaux Kabila-Lumumba.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3092_600x855 devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte