Transport aérien

Paul Biya revient à la case départ pour Camair-Co

Réservé aux abonnés | | Par - à Yaoundé
Mis à jour le 21 juillet 2020 à 18h11
Un avion de la Camair-Co.

Un avion de la Camair-Co. © Wikimedia Commons

Le président camerounais exige un plan de restructuration de la compagnie en vue de la cession de 51 % de son capital. Comme envisagé en… 2006.

Paul Biya reprend les choses en main à propos du pavillon national Camair-Co. En fin de semaine dernière le président camerounais a demandé à son Premier ministre, Joseph Dion Ngute, d’élaborer urgemment un plan de restructuration et de relance de la compagnie aérienne, en vue de la cession de 51 % de son capital à un partenaire stratégique.

Avant cette échéance, Paul Biya a décidé d’allouer immédiatement 15 milliards de F CFA (22,8 millions d’euros) pour envoyer l’un des deux Boeing 737-700 en maintenance, louer deux moteurs pour permettre la reprise des vols du second, et acquérir deux Dash Bombardier Q400 pour des liaisons courtes distances.

Mesures de la dernière chance ?

Cette série de décisions est en ligne avec les mesures proposées par Joseph Dion Ngute et le ministre des Finances, Louis Paul Motaze, afin de relancer la compagnie, selon la note que le secrétaire général à la présidence, Ferdinand Ngoh Ngoh, a transmise le 14 juillet à son homologue de la primature, Séraphin Magloire Fouda.

Yaoundé n’avait plus le choix dans le dossier Camair-Co. Dans une tribune publiée le 2 juillet dernier, Émile Bekolo, expert-comptable et liquidateur de l’ex-Camair, affirmait que le commissaire aux comptes de Camair-Co (le cabinet Okalla Ahanda), venait de déclencher la procédure d’alerte. Une sorte de demande d’explications adressée au président du conseil d’administration devant une situation de nature à compromettre la continuité de l’activité de l’entreprise.

En cause ici, l’endettement de la compagnie évaluée, d’après Émile Bekolo, à plus de 100 milliards de F CFA (150 millions d’euros).

Quel partenaire intéressé ?

Selon les derniers chiffres disponibles, la dette de Camair-Co s’élevait à pratiquement 86 milliards de F CFA en 2017, pour des capitaux propres négatifs (59 milliards de F CFA), alors que le chiffre d’affaires n’était que 15,1 milliards de F CFA.

Retour donc au décret de 2006 qui a créé la Camair-Co et autorisé la cession de 51 % de son capital. À l’époque, le consortium SN Brussels et Cenainvest, le capital-risqueur du groupe de Paul Fokam Kammogne, avait remporté l’adjudication qui sera remise en cause quelques semaines plus tard par le Premier ministre, Ephraim Inoni.

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