Politique

Gabon : pourquoi Ali Bongo Ondimba a choisi la Première ministre Rose Christiane Ossouka-Raponda

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 21 juillet 2020 à 10h43
La nouvelle Première ministre du Gabon.

La nouvelle Première ministre du Gabon. © François Zima

Si c’est Rose Christiane Ossouka-Raponda qui a été nommée à la tête du gouvernement le 16 juillet, les ministres Madeleine Berre et Denise Mekam’ne Edzidzie, ses deux anciennes concurrentes, avaient également des atouts à faire valoir. Voici les coulisses de cette discrète compétition. 

Le premier atout de Rose Christiane Ossouka-Raponda pour obtenir le poste de Première ministre tient à son origine Mpongwè, l’une des deux communautés autochtones de Libreville, à l’instar des Fang. Piliers du gouvernement, ses deux anciennes rivales ne sont pas issues de la capitale gabonaise. Denise Mekam’ne Edzidzie, la ministre des Relations avec les institutions constitutionnelles (reconduite le 17 juillet), est originaire du Moyen-Ogooué. Tout comme Madeleine Berre, la ministre de la Fonction publique tout juste nommée à l’Emploi, qui est Galoa, apparentée Myènè.

Lui-même issu du Haut-Ogooué, le chef de l’État Ali Bongo Ondimba (ABO) a remis au goût du jour la tradition de nommer alternativement à la primature des personnalités Mpongwè et Fang, qui ne viennent pas de sa propre province, conformément à la « géopolitique » chère à son père et prédécesseur, Omar Bongo Ondimba.

Le prédécesseur d’Ossouka-Raponda, Julien Nkoghe Bekale, est en effet un Fang issu comme elle de la province de l’Estuaire. Depuis 2012, ABO n’appliquait plus cette règle implicite puisqu’il avait successivement nommé Raymond Ndong Sima, Daniel Ona Ondo (issus tous les deux du Woleu-Ntem) et Franck Emmanuel Issoze Ngondet (de l’Ogooué-Ivindo) à la tête du gouvernement.

« Gagner » Libreville

Les trois ex-prétendantes à la primature exercent par ailleurs un leadership politique plutôt discret. Mais, et c’est à son avantage, Ossouka-Raponda achève un mandat de cinq ans à la tête de la mairie de Libreville, où elle a tissé des liens avec les élus locaux. Un atout en vue de la présidentielle prévue en 2023, le pouvoir se préparant à affronter Alexandre Barro Chambrier, issu comme elle de la communauté Mpongwè de Libreville et au profit duquel Jean Ping pourrait se retirer. ABO fait le pari de confier à la nouvelle Première ministre la tâche de « gagner » Libreville, où vivent 70 % de la population, pour le compte du candidat du Parti démocratique gabonais.

Le soutien de 3M

Autre atout par rapport à ses ex-adversaires, Rose Christiane Ossouka-Raponda a également bénéficié du soutien de Marie-Madeleine Mborantsuo (3M), la toute-puissante présidente de la Cour constitutionnelle. Denise Mekam’ne, quant à elle, n’avait pas les faveurs de 3M. Cette avocate et ancienne ministre de la Justice n’a en effet jamais caché son ambition de lui succéder à la présidence de la haute juridiction.

Dernier point fort, Ossouka-Raponda bénéficie d’une bonne expérience s’agissant des questions budgétaires et financières. Avant sa première entrée au gouvernement en 2012 en qualité de ministre du Budget, des Comptes publics et de la Fonction publique, elle avait occupé les fonctions de directrice générale de l’Économie et de directrice générale adjointe de la Banque de l’habitat du Gabon. En cette fin de mandat marquée par une double crise, économique et sanitaire, cet avantage a pesé dans la balance, même si certains de ses collaborateurs déconseillaient à ABO de nommer une femme à la tête du gouvernement.

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