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Cet article est issu du dossier «Ces cuisiniers qui régalent les puissants»

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Gastronomie

[Série] Ces cuisiniers qui régalent les puissants

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Mis à jour le 01 août 2020 à 17h38
JA

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Malek Labidi, Abdelkrim Rahal, Ridha Khadher, Zhor Bouteflika… Ces noms ne vous disent peut-être rien, mais chacun d’entre eux témoigne, à sa manière, des liens privilégiés entre le pouvoir et la gastronomie. Portraits.

Visites officielles, réunions, conseils, conférences internationales, missions protocolaires… C’est à se demander quand les grands de ce monde trouvent le temps de casser la croûte dans ce marathon perpétuel. Voire s’ils sont faits du même bois que nous autres mortels, qui éprouvons le besoin de remplir notre estomac à intervalles réguliers.

Qu’on se rassure : présidents, ministres, diplomates et autres responsables politiques savent, au prétexte d’une réunion urgente, s’éclipser pour avaler un morceau dans le secret de salles réservées. Dans les grands raouts internationaux, le buffet est en général le clou de rendez-vous convenus où chacun s’ennuie ferme. Après des discussions souvent laborieuses, peu d’hommes politiques savent résister à l’appel d’une belle pastilla aux fruits de mer ou d’un poulet rôti au beurre pommade.

Un empoisonnement est vite arrivé

Le très suspicieux ex-chef de l’État algérien Abdelaziz Bouteflika, lui, ne s’y laissait pas prendre : un empoisonnement est vite arrivé quand on ignore quelles mains ont préparé un appétissant couscous aux amandes. C’est pourquoi seule sa propre sœur, Zhor Bouteflika, avait le droit de mettre la main à la pâte à brick pour son grand frère de président.

Tous ne sont pas si méfiants. Et heureusement, car événements internationaux et rendez-vous politico-mondains ont fréquemment lancé la carrière de grands chefs. Et même des dynasties, comme celle des Rahal, ces chefs marocains passés en quelques décennies de la vente de sandwichs aux fourneaux royaux.

Ainsi, les meilleurs chefs deviennent eux-mêmes les ambassadeurs de prestige du savoir-faire national, à l’image de la Tunisienne Malek Labidi, qui prodigue ses conseils à l’ensemble du monde arabe. Des dîners officiels à l’émission « Top Chef », elle est devenue le visage de la créativité culinaire de son pays.

Des symboles culturels

D’autres, comme Ridha Khadher, tunisien également, fournisseur officiel des baguettes de l’Élysée, deviennent – peut-être à leur corps défendant – des modèles d’intégration dans leur pays d’accueil par un travail acharné. Des symboles multiculturels aussi, tant il y a de Tunisie dans la meilleure baguette de France.

La cuisine est donc également un lieu politique et ses plus grands acteurs dans le monde arabe méritaient, eux aussi, que l’on s’arrête sur leur trajectoire.

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