Diplomatie

Maroc-Mali : le jour où Mohammed VI a évité le pire

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Le roi Mohammed VI, en mars 2020.

Le roi Mohammed VI, en mars 2020. © MAP

Une médiation entre l’imam malien Mahmoud Dicko et le président Ibrahim Boubacar Keïta a été discrètement pilotée depuis Rabat. En voici les détails exclusifs.

Au lendemain des violentes manifestations du 10 juillet, qui ont embrasé une partie de Bamako et fait quatorze morts et plus d’une centaine de blessés, le ministre marocain des Affaires étrangères Nasser Bourita a, sur instructions précises du roi Mohammed VI, piloté depuis Rabat une discrète médiation entre le leader du Mouvement du 5 juin, l’imam Mahmoud Dicko, et le président Ibrahim Boubacar Keïta (IBK).

Le 11 juillet dans la matinée, l’ambassadeur du Maroc au Mali Hassan Naciri, fin connaisseur des arcanes d’un pays où il est en poste depuis huit ans, s’est rendu au domicile de l’imam Dicko dans le quartier de Badalabougou, épicentre des affrontements de la veille. Il était porteur d’un message des autorités marocaines, « appelant à l’apaisement et proposant les bons offices de la diplomatie du royaume pour rapprocher les positions des deux camps », apprend-on de bonne source à Rabat. Teneur confirmée dans l’entourage proche de Mahmoud Dicko, où l’on ajoute que « Mohammed VI étant une grande personnalité africaine, quand il appelle au calme, on l’écoute, d’autant que l’imam non plus n’aime pas la violence ».

Lors de l’entretien avec l’ambassadeur Naciri, Mahmoud Dicko a énuméré ses conditions pour une reprise du dialogue : libération des leaders de la contestation arrêtés, dissolution de la Cour suprême, gouvernement de consensus, législatives partielles.

Proximité religieuse

Fort de ces précisions, Hassan Naciri a pris la route de la colline de Koulouba, où il a été reçu par IBK en fin d’après-midi. Les deux hommes sont restés tard ensemble, l’ambassadeur ayant la primeur du discours que le chef de l’État a prononcé au milieu de la nuit et dans lequel il a répondu positivement à la plupart des demandes de l’imam. Le 12 juillet, Hassan Naciri est retourné à Badalabougou, où il a obtenu que Dicko tienne à son tour des propos apaisants, ainsi que la suspension des manifestations. Ce résultat précaire mais positif est largement dû au prestige dont jouit le roi Mohammed VI au Mali, ainsi qu’à la proximité tissée dans le champ religieux entre ces deux pays où l’islam malékite prédomine.

À noter que Hassan Naciri devrait bientôt quitter Bamako pour Dakar, où il vient d’être nommé. Il sera remplacé au Mali par l’actuel ambassadeur en Guinée, Driss Isbayene.

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