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Congo : ce qu’il faut savoir sur Dieudonné Bantsimba, le nouveau maire de Brazzaville

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Dieudonné Bantsimba, maire de Brazzaville, à Brazza le 25 juin 2020.

Dieudonné Bantsimba, maire de Brazzaville, à Brazza le 25 juin 2020. © Baudouin MOUANDA pour JA

Dieudonné Bantsimba a été élu maire de la capitale congolaise le 20 mai dernier, où il succède à Christian Roger Okemba, actuellement en procès pour des détournements de fonds présumés. Issu d’une famille influente, le nouveau maire de Brazzaville compte des proches au sein de la garde rapprochée du président, Denis Sassou Nguesso.

1. Enfant de Poto-Poto

Le maire de Brazzaville, aujourd’hui âgé de 63 ans, a grandi rue Kouyou, dans le quartier historique de Poto-Poto. Son goût pour la plaisanterie et son sens de l’autodérision lui viendraient de son enfance passée dans cet environnement cosmopolite et animé.

« C’est un austère qui se marre très souvent », affirme Franck Gandziri, membre influent de l’antenne française du Parti congolais du travail (PCT, parti présidentiel), qui fut l’un de ses voisins.

2. Attaché à sa base

« Monsieur le Maire » reste attaché à sa base de Poto-Poto. Il y a conservé de solides amitiés, qui constituent aujourd’hui une partie de son réseau.

3. Connecté au Palais

Ses huit années passées aux côtés de Jean-Jacques Bouya en tant que directeur de cabinet lui assurent le soutien de cet influent ministre du gouvernement, qui est également neveu du président de la République.

Il est aussi très proche de Denis Gokana, conseiller spécial du président Denis Sassou Nguesso pour les Affaires pétrolières et président-fondateur d’Africa Oil and Gas Corporation (AOGC).

4. Famille influente

Dieudonné Bantsimba est très ancré dans le Pool, région où est implantée Brazzaville. Cette appartenance sera utile à la majorité présidentielle pour remporter des voix dans la capitale lors de scrutin présidentiel de 2021.

Mais le maire de Brazzaville est aussi le petit frère du ministre de la Défense, Charles Richard Mondjo, très implanté à Boundji, où une bonne partie de l’élite intellectuelle du Nord a été formée. En outre, sa sœur Ida a épousé le député et ancien maire de Pointe-Noire, Roland Bouiti-Viaudo.

5. Fervent croyant

Ancien enfant de chœur puis catéchiste à la basilique Sainte-Anne de Poto-Poto, il ne manque jamais la messe dominicale. Il assiste généralement au service de Sainte-Marie de Ouenzé ou à celui de la cathédrale du Sacré-Cœur, dans le centre-ville de Brazzaville.

6. Un fêtard « réservé »

Taciturne mais fêtard, cela peut paraître antinomique. Pourtant, ces deux mots reviennent souvent. « Parfois, on ne sait pas ce qu’il pense », confie ainsi Paul Sony Benga, ancien directeur général de la chaîne DRTV, l’un de ses amis d’enfance.

« Il n’est pas taciturne pour celui qui le connaît très bien. C’est quelqu’un de réservé, certes, mais qui aime bien faire la fête », confie Franck Gandziri.

Rumba, compas haïtien, mélodies ouest-africaines… Sans forcément être un grand danseur, cet amateur de musique fut un client régulier des soirées du « Vieux Faignond », sur l’île Mbamou, en face de Brazzaville.

7. Urbaniste

Après une licence de géographie option « aménagement de l’espace » – décrochée à l’Université Marien-Ngouabi de Brazzaville, Dieudonné Bantsimba a continué d’étudier l’urbanisme en France, à Strasbourg, puis en région parisienne (il est notamment titulaire d’un DEA de géographie urbaine aménagement obtenu à l’université de Nanterre).

Des compétences qu’il a mis au service de la mairie de Brazzaville, où il a travaillé au sein du service de gestion foncière, dans les années 1990, avant de devenir conseiller à l’urbanisme dans le cabinet du maire. Il a ensuite assumé les fonctions de coordonnateur du « Projet cadastre national » auprès du cabinet du chef de l’État, de 2004 à 2012​, avant de devenir directeur de cabinet de Jean-Jacques Bouya, ministre de l’Aménagement, de l’Équipement du territoire et des Grands Travaux.

8. … et futur maire bâtisseur ?

Sitôt installé dans son fauteuil de maire, Dieudonné Bantsimba a d’ailleurs lancé une série de travaux de voirie. Des chantiers très attendus par les Brazzavillois, qui souffrent au quotidien des embouteillages causés par le manque de voies de circulation praticables et par les inondations récurrentes.

9. « Dodo »

Dieudonné Bantsimba collectionne les surnoms. « Dodo », de son petit nom dans l’intimité, est parfois aussi appelé « Tsimba Tsakala » par ses amis, en écho au refrain de l’hymne des supporters de l’équipe de foot des Diables Noirs dans les années 1980. On le surnomme également « Bogdal », voire « Bogdanof », un sobriquet dont l’origine reste un mystère.

10. Adepte du « mwana foot »

Comme de nombreux Brazzavillois, il a joué au « mwana foot » (foot de rue) étant enfant, et il soutient toujours l’équipe Patronage.

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