Société

Sénégal : quelles conséquences au report des JO de la jeunesse de 2022 à 2026 ?

Réservé aux abonnés | | Par - à Dakar
Mis à jour le 20 juillet 2020 à 14h56
Le président sénégalais Macky Sall, lors de la réunion du CIO à Buenos Aires en octobre 2018.

Le président sénégalais Macky Sall, lors de la réunion du CIO à Buenos Aires en octobre 2018. © Natacha Pisarenko/AP/SIPA

Conséquence de la pandémie de Covid-19, les Jeux olympiques de la jeunesse, initialement prévus à Dakar en 2022, se tiendront en 2026. Soit deux ans après la fin de l’actuel mandat de Macky Sall.

Les Jeux olympiques de la jeunesse (JOJ) de Dakar, première compétition olympique à se tenir sur le continent africain, se tiendront finalement en 2026. Initialement prévu en mai et juin 2022, l’événement est reporté en raison de la situation sanitaire mondiale. L’annonce a été faite ce mercredi 15 juillet par le Comité international olympique (CIO), « d’un commun accord » avec le Sénégal.

« La décision de reporter ces Jeux a été prise après des réflexions approfondies et de nombreux échanges entre autorités sénégalaise et le CIO. Elle répond à une exigence de responsabilité et un souci d’efficacité que commandent les circonstances actuelles », a justifié le ministre sénégalais des Sports, Matar Ba.

En mars dernier déjà, le Comité avait déjà décidé du renvoi des Jeux olympiques de Tokyo à 2021. Des décisions prises pour mieux faire face aux « conséquences opérationnelles et financières de la crise sanitaire mondiale », explique le CIO dans un communiqué.

Cette décision n’est en rien due à un retard sur la préparation des Jeux

Réclamé par le président sénégalais Macky Sall, le nouveau calendrier devrait offrir au Sénégal un peu d’air pour mener à bien les nombreux travaux engagés. « Cette décision n’est en rien due à un retard sur la préparation des Jeux », a cependant tenu à préciser Mamadou Diagna Ndiaye, président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS).

Rattraper le retard d’infrastructures

Depuis l’annonce en octobre 2018 de l’obtention des JO de la jeunesse par la capitale sénégalaise, le Sénégal a lancé une batterie de chantiers à Dakar, Diamniadio et dans la station balnéaire de Saly, les trois sites d’accueil des JOJ.

S’il promet qu’il n’y aura pas de surcoût lié à ce report de quatre ans, le CNOSS l’assure, il permettra au Sénégal d’avoir « une avance considérable sur l’achèvement des travaux avant l’échéance ».

La Banque de l’habitat du Sénégal a mobilisé 30 milliards de F CFA de crédits sur cinq projets de la ville nouvelle de Diamniadio, près de Dakar. (illustration)

La Banque de l’habitat du Sénégal a mobilisé 30 milliards de F CFA de crédits sur cinq projets de la ville nouvelle de Diamniadio, près de Dakar. (illustration) © Sylvain Cherkaoui pour JA

Le Sénégal poursuit son programme qui vise à rattraper son retard en terme d’infrastructures sportives, et le report des Jeux ne change en rien cet objectif

« Avec les perturbations de l’agenda international, le report des jeux de Tokyo, il y avait une réelle tension sur les dates, 2026 est un objectif atteignable », explique Mamadou Diagna Ndiaye, président du Comité national olympique et sportif sénégalais (CNOSS), précisant que le report des Jeux n’était « en aucun cas dû à un retard sur les travaux en cours ».

« Le Sénégal poursuit son programme qui, au-delà de l’objectif des JOJ, vise à rattraper son retard en terme d’infrastructures sportives, et le report des Jeux ne change en rien cet objectif », a précisé le ministre Matar Ba.

Infrastructures sorties de terre, rénovations de structures existantes : Macky Sall entendait faire de l’événement olympique une vitrine de son Plan Sénégal émergent (PSE). Avec ce report, il ne se tiendra finalement qu’après la fin de l’actuel mandat du président sénégalais, qui terminera en 2024.

Parmi les projets les plus emblématiques : le futur « Stade du Sénégal », structure olympique capable d’accueillir jusqu’à 50 000 personnes, dont la première pierre a été posée en février dernier par le chef de l’État sénégalais.

« Ce futur temple du sport contribuera à faire de cette ville de Diamniadio un pôle de référence à l’échelle africaine et mondiale », s’était enthousiasmé Mamadou Diagna Ndiaye, président du Comité national olympique sénégalais, dès le lancement des travaux.

À Dakar, l’heure est davantage à la réhabilitation d’infrastructures déjà existantes, à l’instar du stade Iba-Mar-Diop ou du complexe de la Tour-de-l’Oeuf.

Les conséquences de la pandémie n’ont pas épargné les projets infrastructurels, il fallait prendre une décision

De la construction du Stade olympique, confiée à l’entreprise turque Summa, à la rénovation de plusieurs infrastructures dakaroises portée par l’Agence française de développement (AFD), les chantiers du JOJ de Dakar bénéficient de l’appui de nombreux partenaires étrangers.

« Le report permet au Sénégal et au Comité d’organisation de mettre à profit ce moment pour davantage mobiliser les partenaires divers et multiformes qui étaient certes prêts à accompagner les JOJ Dakar 2022 mais qui auront davantage de temps pour mieux soutenir ce beau projet du Sénégal et de l’Afrique », fait valoir le CIO.

« Les conséquences de la pandémie n’ont pas épargné les projets infrastructurels, pour le Sénégal comme pour ses partenaires, il fallait donc prendre une décision en conséquence », renchérit Mbaye Jacques Diop, conseiller technique en communication du ministre sénégalais des Sports.

Les jeunes athlètes pénalisés ?

Fermeture de certains clubs, suspension des compétitions… La pandémie de Covid-19 a également entravé l’entraînement des jeunes athlètes. « Avec une compétition fixée à 2026, les jeunes athlètes seront mieux préparés et pourront aborder la compétition à leur meilleur niveau », fait valoir Mbaye Jacques Diop.

Pourtant, le renvoi de la compétition à 2026 laissera sur le carreau toute une génération qui aura alors dépassé l’âge requis, les JOJ étant réservés aux athlètes âgés de 15 à 18 ans. « Il est vrai que certains jeunes sportifs qui se préparaient pour Dakar 2022 auront dépassé la limite d’âge en 2026, mais ils pourront viser d’autres compétitions, comme les Jeux olympiques d’été », nuance Mbaye Jacques Diop.

D’autant que le ministère des Sports sénégalais a misé dès 2016 sur ce qu’il désigne comme la « génération 2024-2028 ». Une « élite de jeunes sportifs » pris en charge après les Jeux olympiques de Rio à travers des conventions passées avec les fédérations sportives sénégalaises, et qui porteront les espoirs du Sénégal pour les Jeux de 2026.

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