Justice

RDC : pourquoi le président de la Cour constitutionnelle a secrètement démissionné

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Une audience de la Cour constitutionnelle de la RDC, le 27 juillet 2015 à Kinshasa (archives).

Une audience de la Cour constitutionnelle de la RDC, le 27 juillet 2015 à Kinshasa (archives). © Ph. John Bompengo/Monusco

Bien qu’il ait publiquement démenti avoir démissionné de la présidence de la Cour constitutionnelle, Benoît Lwamba a en réalité bel et bien quitté son poste.

Selon nos informations, Benoît Lwamba a été reçu par Félix Tshisekedi le 4 juillet. Le président de la Cour constitutionnelle, qui en a aussi été l’un des fondateurs, était alors venu informer le chef de l’État de sa volonté de démissionner de son poste.

Benoit Lwamba est visé par des sanctions américaines depuis février 2019. Il fait partie d’une liste de responsables congolais proches de Joseph Kabila mis en cause par Washington pour leur rôle présumé dans le processus électoral de décembre 2018, aux côtés notamment de l’ancien président de l’Assemblée nationale Aubin Minaku ou encore de l’ex-président de la Ceni, Corneille Nangaa.

Ancien directeur de cabinet du conseiller spécial de Joseph Kabila en matière de sécurité, Lwamba a été président à la Cour suprême de justice, avant d’être investi en 2015 à la tête de la Cour constitutionnelle et du Conseil supérieur de la magistrature.

Selon nos sources, les raisons personnelles – et notamment son âge, 75 ans – n’ont pas à elles seules motivé sa décision. Le magistrat a surtout évoqué auprès du président les « pressions » qu’il dit « continuer » à subir.

« Démission volontaire »

Dans sa lettre de démission, déposée sur le bureau du procureur général près la Cour constitutionnelle le 27 juin, Benoît Lwamba explique avoir affronté, « des dures épreuves ayant permis à [leur] pays, tout en gardant le cap, de traverser des moments historiques. » C’est lui qui avait validé l’élection de Félix Tshisekedi en janvier 2019.

Ce dernier a ensuite demandé au chef de l’État de faciliter son évacuation à Bruxelles, où il se trouve actuellement, afin qu’il puisse y recevoir des soins. « Il avait des difficultés pour partir en raison de la pandémie de coronavirus, et le chef a accepté d’accéder à sa demande afin qu’il soit prise en charge », confie une source dans l’entourage présidentiel.

Dans un communiqué publié le 10 juillet, Benoît Lwamba avait démenti les rumeurs faisant état de sa démission. « Il est sous pression de certains responsables du FCC », assure-t-on au sein du cabinet de Félix Tshisekedi. Les sept autres membres de la Cour constitutionnelle ont pourtant bel et bien pris acte de sa volonté de quitter son poste dans une lettre datée du même jour et que Jeune Afrique a pu consulter. Dans ce courrier, ces magistrats expliquent n’avoir « trouvé aucun motif de nature à contrarier cette démission volontaire ».

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