Energie

Cameroun : privé de carburant, Eneo sera-t-il sauvé par l’État ?

Réservé aux abonnés | | Par - à Yaoundé
Rues de Yaoundé

Rues de Yaoundé © Renaud Van Der Meeren pour les Éditions du Jaguar

Sous la pression de ses fournisseurs, dont Gaz du Cameroun, l’énergéticien a besoin de l’aide du gouvernement pour apurer ses dettes.

Deuxième épisode dans le feuilleton de la rupture entre Gaz du Cameroun (GDC) et Eneo. Le 8 juillet, la première annonçait la résiliation de son contrat de fourniture de gaz naturel avec la seconde, à travers la centrale thermique de Logbaba (30 MW), à Douala.

En janvier 2018, l’énergéticien avait interrompu le premier contrat, faute d’argent pour régler sa facture. En outre, Eneo se plaignait de ce que le tarif pratiqué par GDC, entre 7 et 9 dollars par MMBtu (millions de British Thermal Unit, 1 Btu valant 0,000293071 Kwh), était supérieur à celui pratiqué par d’autres fournisseurs de combustible.

Un nouveau contrat de trois ans fut paraphé un an plus tard, avec un prix réaménagé à 6,75 dollars par MMBtu, qui augmente annuellement de 10 cents, pour atteindre 6,95 dollars à la dernière année. Las !

Défaut de paiement et de réponse

Le 14 septembre 2019, le saoudien Altaaqa Alternative Solutions, spécialiste de centrales clefs en main qui loue les générateurs de Logbaba à Eneo, éteint ses appareils à cause des impayés de l’énergéticien. Ce qui provoque aussitôt l’arrêt de la fourniture du combustible par GDC.

Cette dernière, majoritairement détenue par le britannique Victoria Oil & Gas (VOG), continue néanmoins de facturer Eneo, conformément à l’accord. L’ardoise gonfle, pour atteindre 16 millions de dollars à la fin de juin.

L’unique issue demeure que l’État se subroge à Eneo pour effacer cette ardoise

GDC adresse alors un avis de défaut à la filiale du fonds britannique Actis le 2 juin. Faute de réponse de cette dernière après 30 jours, elle se voit contrainte de mettre un terme au contrat et envisage de donner une suite judiciaire à ce différend. Au moment de boucler cet article, Eneo n’avait toujours pas donné suite à la sollicitation de Jeune Afrique.

Différend similaire avec Tradex

Un différend similaire oppose l’énergéticien au trader Tradex, détenu par la compagnie d’hydrocarbures SNH (54 %), Geogas (35 %) et SAP (11 %). Celui-ci lui fournit du fioul pour faire fonctionner ses centrales thermiques et sa créance était évaluée à 52,7 milliards de F CFA en novembre 2019.

Les négociations entre les deux parties, sous la houlette du gouvernement, sont en cours, bien que suspendues à cause de la crise sanitaire. « L’unique issue demeure que l’État se subroge à Eneo pour effacer cette ardoise », commente une source proche du dossier contactée par Jeune Afrique.

La plainte engagée par Tradex pour liquider les biens de la filiale d’Actis, devant le tribunal de grande instance de Douala, reste pendante.

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