Politique

Présidentielle au Burkina Faso : Kaboré investi samedi par son parti

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 10 juillet 2020 à 16h20
Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à l'issue du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN), le 23 mai 2020.

Le président burkinabè Roch Marc Christian Kaboré, à l'issue du Conseil supérieur de la Défense nationale (CSDN), le 23 mai 2020. © DR / Présidence du Faso

Le chef de l’État burkinabè, Roch Marc Christian Kaboré, doit être officiellement investi par son parti, samedi 11 juillet, pour briguer un nouveau mandat à la présidentielle de novembre.

Le Mouvement du peuple pour le progrès (MPP) fait bloc derrière son chef, unique candidat à l’investiture. « C’est le président Kaboré que nous allons désigner pour être investi au titre de notre parti pour la prochaine présidentielle », explique le secrétaire exécutif du MPP, Lassané Savadogo. C’est le croisement entre le bilan et le programme proposé par le candidat qui détermine la position du parti […]. Il est le candidat le mieux placé pour porter le flambeau. »

La candidature du chef de l’État, 63 ans, devrait également être soutenue par l’Alliance des partis de la majorité présidentielle (APMP), regroupement d’une quarantaine de formations politiques.

« Le faire élire au premier tour »

« Notre objectif, c’est de le faire élire au premier tour et avec un score plus confortable qu’en 2015. Nous voulons faire au-delà de 60 % », projette Lassané Savadogo.

Pourtant, selon un sondage réalisé en juin par le Centre pour la gouvernance démocratique (CGD), la cote le président est en baisse, 63 % de la population n’étant « pas satisfaite des actions du président ».

« Les défis sécuritaires, la fronde sociale, la pandémie de Covid-19 et d’autres facteurs ont influencé négativement la mise en œuvre du programme, concède Lassané Savadogo, mais cela ne nous a pas fait dévier de nos objectifs fondamentaux. »

En 2015, l’élection de Roch Marc Christian Kaboré, avec 53,49% des voix, avait suscité de grands espoirs de développement et de changement. Mais sous sa présidence, le Burkina est devenu une zone rouge où les attaques jihadistes sont quasi quotidiennes, des pans entiers du pays étant inaccessibles.

Ces attaques, parfois entremêlées de conflits intercommunautaires, ont fait au moins 1 100 morts depuis 2015 et contraint près d’un million de personnes à fuir leurs foyers.

Nombreux candidats de l’opposition

Le chef de l’État devrait être opposé à plusieurs cadres de l’ancien du régime : l’ex-Premier ministre Kadré Désiré Ouédraogo, Gilbert Noël Ouédraogo, ou encore Eddie Komboïgo, le président du Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP, de Balise Compaoré).

Parmi les autres grands candidats figurent le chef de file de l’opposition, Zéphirin Diabré, Tahirou Barry, ministre démissionnaire du premier gouvernement de Kaboré, ainsi que le juriste Abdoulaye Soma.

Il reste favori face à une opposition qui peine à s’unir. »

« Malgré le bilan mitigé du président Kaboré qui a réussi quelques actions, notamment le développement des infrastructures routières, il reste favori face à une opposition qui peine à s’unir », soutient l’analyste politique Drissa Traoré, qui pointe aussi « la situation sécuritaire [qui] s’est considérablement dégradée ».

« Quatorze provinces, réparties dans les six régions du pays, sont sous état d’urgence. La tenue des élections dans ces zones en proie aux attaques est hypothétique. Ces populations sont plutôt préoccupées à sauver leurs vies », souligne-t-il.

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