Politique

Algérie : comment le général Hocine Benhadid a été réhabilité après la mort de Gaïd Salah

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 08 juillet 2020 à 15h46
Le général algérien Hocine Benhadid lors de la cérémonie de la fête de l’Indépendance, le 5 juillet

Le général algérien Hocine Benhadid lors de la cérémonie de la fête de l’Indépendance, le 5 juillet © MDN

Le général algérien à la retraite, qui fait toujours l’objet de poursuites judiciaires pour atteinte au moral de l’armée et à la sécurité de l’État, a été le 5 juillet l’invité de la fête de l’Indépendance célébrée au cercle des militaires, à Beni-Messous.

Le 4 juillet, Hocine Benhadid a reçu à son domicile le chef d’état-major de l’armée, Saïd Chengriha, pour une visite de courtoisie au cours de laquelle ce dernier l’a officiellement invité à prendre part à cette cérémonie. Pris en charge par une équipe médicale envoyée par le ministère de la Défense, Benhadid s’est donc rendu au cercle des militaires, où il a reçu les honneurs des hauts gradés ainsi que des responsables civils, parmi lesquels le Premier ministre, Abdelaziz Djerad, ou encore le président par intérim du Conseil de la nation, Salah Goudjil.

Des images de Benhadid, 76 ans, assis dans un fauteuil roulant, au côté du chef d’état-major ont été publiées sur le site du ministère de la Défense. Elles confirment la réhabilitation de ce général, incarcéré à deux reprises à la prison d’El-Harrach. « Les invités militaires, dont ses amis et collègues, avaient les larmes aux yeux », témoigne l’une de ses connaissances présente à cette cérémonie.

Dans le collimateur de Gaïd Salah

Commandant de la IIIe région militaire et de la 8e division blindée, réputée pour son engagement dans la lutte antiterroriste, ce diplômé de l’académie de West Point (États-Unis) a été dans le collimateur d’Ahmed Gaïd Salah, chef d’état-major de l’armée et vice-ministre de la Défense, décédé en décembre 2019.

En septembre 2015, Gaïd Salah l’avait fait emprisonner une première fois pour « outrages à corps constitués », après qu’il l’eut notamment accusé d’être mêlé à un scandale de mœurs datant de l’époque où il commandait l’École de formation des officiers de réserve de Blida. Libéré en juillet 2016 pour raisons de santé, Benhadid avait été condamné en mars 2018 à un an de prison avec sursis.

Une année plus tard, retour à la case prison, après qu’il ait cette fois reproché à Gaïd Salah d’être à la solde d’une puissance étrangère. Placé sous mandat de dépôt, il a été poursuivi pour atteinte au moral de l’armée et à la sécurité de l’Etat

Déboires judiciaires

Son incarcération est alors devenu un sujet de discorde entre Gaïd Salah, devenu l’homme fort du pays après la démission forcée du président Abdelaziz Bouteflika le 2 avril 2019 et Said Chengriha, un ami de longue date, qui occupait à l’époque les fonctions de commandant des forces terrestres de l’Armée nationale populaire (ANP.) Benhadid a finalement été libéré le 2 janvier 2020, après le décès de Gaïd Salah. Chengriha lui a fait restituer son passeport diplomatique, qui lui avait été confisqué quelques années auparavant sur ordre de l’ex-chef d’Etat-major.

De retour en Algérie le 31 mai dernier, Hocine Benhadid a été brièvement admis à l’hôpital militaire de Aïn Naadja avant de regagner son domicile. Sa réhabilitation ne signe pas pour autant la fin de ses déboires judiciaires. Programmé pour le 11 juin dernier, son procès a une nouvelle fois été reporté sine die.

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