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François Ibovi

Ministre congolais de l'Administration du territoire et de la Décentralisation

« Le journalisme mène à tout, à condition d’en sortir. » Voilà un adage qui s’applique à merveille à François Ibovi. Après un bac « philo » obtenu à Brazzaville en 1973, des études de journalisme à l’université de Moscou, puis une carrière prometteuse à la télévision nationale congolaise au début des années 1980, « ma seule ambition était d’avoir ma place dans un amphithéâtre comme maître de conférences ou bien dans une salle de rédaction », jure sur le ton de la confidence François Ibovi, député de la circonscription d’Oyo, dans le nord du pays, depuis 1992, puis ministre depuis 1997. Peut-on pour autant parler de hasard ?

« Tout a démarré avec une affaire de censure », reconnaît plutôt un homme qui a très tôt baigné dans le militantisme étudiant. « De retour au pays après mes études en Russie, je me suis retrouvé leader au sein de l’Union de la jeunesse socialiste congolaise. Dans un discours, j’ai eu le tort de m’adresser à mes « chers compatriotes ». On y a vu l’indice d’une ambition démesurée, puisque seul le chef de l’État est habilité à utiliser ces termes. Dès lors, sur fond de manoeuvres politiciennes, on m’a fermé toutes les portes professionnelles. » La disgrâce digérée, elles se sont progressivement rouvertes, mais vers des horizons plus politiques pour ce membre, dès 1977 à l’âge de 23 ans, du Parti congolais du travail (PCT). Depuis la chute de Pascal Lissouba et le retour au pouvoir de Denis Sassou Nguesso en 1997, il a effectué un parcours sans faute : d’abord ministre de la Communication, chargé des relations avec le Parlement et porte-parole du gouvernement, il est ministre de l’Administration territoriale et de la Décentralisation (en d’autres termes, ministre de l’Intérieur) depuis 2002. « Après la guerre, le président avait besoin de serviteurs et d’hommes de confiance », déclare ce natif d’Abô, non moin du village natal du chef de l’État. Était-ce parce que ce Mbochi est originaire de la « bonne » région ? « C’est une question de compétence, tranche-t-il. Le président incarne l’unité et la cohésion nationales, les questions ethniques n’ont plus lieu d’être, et seuls comptent les chantiers menés par le gouvernement. »
En ce qui concerne notre visiteur, il a engagé, depuis deux ans, des réformes destinées à décentraliser et même à « déconcentrer » le pouvoir. La fête de l’Indépendance, le 15 août, lui sert chaque année de catalyseur pour accélérer la création de nouvelles collectivités locales dotées de « plus de compétences et plus de moyens ». Parole de ministre.
L’actualité, c’est aussi le transfert des 60 000 réfugiés de la RD Congo installés dans le nord du pays, près de la frontière centrafricaine, depuis 1998. L’opération a débuté le 27 avril et doit se prolonger jusqu’en 2007. « Tout se passe très bien et rien n’est laissé au hasard », grâce à la collaboration du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR), affirme François Ibovi, qui tient à préciser que ces personnes ne sont pas renvoyées de force, mais avec leur accord.

Interrogé sur les derniers incidents dans la région du Pool, et notamment le pillage d’un train, le 15 avril dernier, le ministre de l’Administration territoriale joue l’apaisement. « Ce sont des groupuscules isolés qui relèvent plus du banditisme, et je ne pense pas que le pasteur Ntoumi soit responsable de cette attaque. » De fait, le chef du Conseil national de résistance (CNR) et les autorités de Brazzaville affirment poursuivre les négociations pour appliquer le processus de Démobilisation, désarmement et réinsertion (DDR) dans la perspective des élections locales. « La guerre est terminée dans le Pool, et le pasteur Ntoumi pourra être candidat à la députation », conclut François Ibovi, qui, en revanche, soupçonne « l’opposition à l’extérieur de poursuivre une ligne politique contraire à la paix ».

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