Politique

Génocide des Tutsi au Rwanda : le livre controversé de Judi Rever paraîtra en France

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 09 juillet 2020 à 14h17
Une exposition de photos au Centre du mémorial du génocide à Kigali, en avril 2014.

Une exposition de photos au Centre du mémorial du génocide à Kigali, en avril 2014. © Ben Curtis/AP/SIPA

La maison d’édition française Max Milo publiera à la fin d’août la traduction du livre de Judi Rever. Un ouvrage qui fait polémique auprès de nombreux spécialistes du sujet, qui accusent la journaliste canadienne de défendre la thèse controversée d’un double génocide.

La rumeur insistante de sa sortie en mars 2019 aux éditions Fayard avait provoqué une levée de boucliers au sein de la communauté des historiens et des spécialistes du génocide des Tutsi au Rwanda. Fayard avait finalement renoncé à publier l’ouvrage, mais Judi Rever a trouvé un nouveau point de chute pour la traduction de son livre, In Praise of Blood, The Crimes of the Rwandan Patriotic Front (Penguin Random House).

La maison d’édition française Max Milo s’apprête à le publier sous le titre Rwanda, l’éloge du sang. Sa sortie est prévue entre le 27 août et le 3 septembre.

Depuis sa sortie, en mars 2018, chez Penguin Random House, l’ouvrage, présenté sous la forme d’une enquête, est au cœur d’une intense polémique. La journaliste canadienne y accuse notamment le FPR d’avoir infiltré les milices hutu Interahamwe, qui se trouvaient au cœur de la machine génocidaire, et d’avoir participé directement au massacre des Tutsi.

Un ouvrage vivement critiqué

Pour appuyer son propos, Judi Rever se fonde notamment sur un rapport classé confidentiel du Tribunal pénal international pour le Rwanda (TPIR) – document qui n’est pas reproduit dans son livre. Cet ouvrage est vivement critiqué par la majorité des spécialistes du sujet, qui accusent la journaliste de défendre au fil des pages la thèse très controversée d’un double génocide qui aurait fait 500 000 victimes hutu.

Sur le site de lalibrairie.com, l’une des bases de données en ligne où l’ouvrage est déjà référencé, celui-ci est d’ailleurs accompagné de la présentation suivante : « Élaborée sur deux décennies, cette enquête autour du génocide rwandais remet en question la version [officielle] des événements de 1994. La journaliste, au lieu de désigner le Front patriotique rwandais et son leader, l’actuel président, Paul Kagame, comme les initiateurs de la fin du conflit, en dénonce au contraire le caractère criminel, avançant ainsi la thèse d’un double génocide. »

 

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