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Jésus-Christ en terre d’Algérie

Phénomène de mode ou non, les conversions au christianisme, notamment en Kabylie, se comptent aujourd'hui par milliers. Embarras des autorités, fureur des imams. Enquête.

Ouzellaguene, grande bourgade de Kabylie, février 2005. Tout le village savait Smail « porté sur la bouteille ». Mari violent et père acariâtre, il battait sa femme et cloîtrait ses filles. Bref, il menait la vie dure aux siens. Jusqu’au jour d’avril 2003 où il fait la connaissance de Mohamed, un maçon converti au christianisme. Quelques prêches d’initiation suffiront pour que Smail abandonne la religion musulmane et devienne chrétien évangélique. Du coup, cet homme aigre, ce buveur invétéré, s’est mué en une créature sobre et tolérante. « J’ai été sauvé par le Christ », confie-t-il.
Smail n’est pas le seul musulman à avoir trouvé le salut de son âme grâce à Jésus. À Ouzellaguene, ils sont au moins une centaine dans son cas. En Algérie, terre d’islam depuis le viie siècle, ils sont quelques milliers. Combien, exactement ? En l’absence de statistiques officielles et fiables, il est impossible d’avancer un chiffre précis. Selon un rapport de l’ONU daté de septembre 2002, le pays compterait environ 10 000 catholiques et entre 5 000 et 20 000 protestants.
La vague de conversions au christianisme qui touche le Maghreb, l’Algérie et le Maroc en particulier, s’apparente-t-elle à un phénomène de mode ? Quoi qu’il en soit, les Églises évangéliques ont désormais pignon sur rue, les chrétiens prient en toute liberté et les bibles se vendent chez le libraire du coin, quand elles ne sont pas distribuées gratuitement. Du coup, les autorités religieuses ne dissimulent pas leur embarras, et les imams crient à l’apostasie. Quant à l’Église catholique d’Algérie, elle garde ses distances, tout simplement.
Rendez-vous est pris avec Djaffar dans une église d’Ouzellaguene. À dire vrai, il s’agit plutôt d’une grande salle de prière chichement meublée, aménagée au premier étage d’une villa louée par la communauté chrétienne. Une bibliothèque, des bancs en bois, des chaises et un pupitre tiennent lieu de mobilier. Un crucifix en bois blanc est accroché à l’entrée. Les murs sont ornés de petits tableaux sur lesquels sont gravés des psaumes et des prières. Djaffar, touché « par la grâce de Dieu » il y a trois ans, retrouve ici ses « frères » pour l’étude biblique hebdomadaire. Dirigé par le pasteur Slimane, le « séminaire » regroupe une trentaine de participants. Le thème de ce soir : comment combattre les tourments de la vie ? Tantôt enjoué, tantôt sentencieux, Slimane prêche en kabyle et en français. Sur son pupitre, deux copies de l’Évangile, l’une en arabe, l’autre en kabyle.
Pendant une heure, le pasteur explique à ses ouailles comment combattre la jalousie, la cupidité, l’égoïsme et la tentation charnelle, en puisant des exemples dans la vie de Jésus. Le langage est simple, accessible même pour les illettrés. « Il faut aimer ton prochain, tendre l’autre joue quand on te frappe, et répandre la joie autour de toi », dit encore Slimane. Mains jointes, tête baissée, les fidèles ponctuent ces paroles par un « amen » collectif. La prière terminée, certains se dirigent vers la petite pièce qui tient lieu de bibliothèque. Des livres de prières en plusieurs langues, des fascicules destinés à consolider sa foi, une collection de films vidéo relatant la vie de Jésus et des cassettes audio, voilà la panoplie des évangéliques algériens.
Depuis sa conversion, Djaffar affirme « vivre en paix avec lui-même, heureux d’avoir croisé le chemin de Jésus ». Ses frères et sa soeur lui ont emboîté le pas et attendent avec impatience le baptême censé introduire le fidèle de plain-pied dans la foi chrétienne. « L’évangélisme n’est pas une religion, c’est un chemin. C’est la grâce de Dieu », dit Djaffar.
Malheureusement, certains habitants du village ne partagent pas cet avis. Des ragots ont fini par arriver aux oreilles des policiers. Ces derniers ont convoqué le pasteur pour lui demander quelques explications. La foi chevillée au corps, l’homme de Dieu n’a pas hésité à délivrer un prêche dans l’enceinte même du commissariat. Les policiers ont demandé à assister à l’office religieux. Ils sont venus, ils ont vu et ils ont écouté. En repartant, ils ont lâché cette sentence : « Si tous les Algériens étaient comme vous, la police serait presque inutile. » Ce label de respectabilité décerné par des policiers n’empêche pas les services de sécurité ici et ailleurs de surveiller discrètement ces nouveaux chrétiens qui suscitent la controverse dans les journaux, dans les mosquées et même sur les bancs de l’Assemblée nationale.
En clair, l’émergence de ce courant évangélique « fait désordre » en Algérie. Pourtant, la présence chrétienne en Afrique du Nord, autrefois connue sous le nom de Numidie, est bien antérieure à l’islam. Dès le iie siècle après J.-C., nombreux sont les Berbères convertis au christianisme, amené dans les bagages des soldats romains. L’un des plus illustres représentants de la communauté chrétienne ne fut autre que le philosophe et théologien saint Augustin, aujourd’hui célébré tant à Paris qu’à Alger. Mais le christianisme n’a pas résisté aux légions arabo-musulmanes venues conquérir et convertir le Maghreb au viie siècle. Le pays est donc devenu une terre d’islam.
La colonisation française (1830) a contribué à la réimplantation du christianisme. C’est le cardinal Charles-Martial Lavigerie qui réussit à rapprocher l’Église des populations autochtones. Nommé archevêque d’Alger en 1867, Lavigerie fonde la congrégation des Pères blancs en 1868 puis, l’année suivante, celle des Soeurs missionnaires. Habillés en tenues « indigènes », maîtrisant l’arabe et le kabyle, ces religieux s’emploient à construire des hôpitaux, ouvrir des orphelinats et dispenser le savoir dans les écoles. Objectif : convertir les populations locales à la religion chrétienne.
Dans son ouvrage Chrétiens de Kabylie 1873-1954, l’historienne Karima Direche-Slimani tente d’expliquer le choix de la Kabylie comme terre de mission : « Convaincu de l’ancienneté des racines chrétiennes en milieu berbère, [Charles de Lavigerie] mena une action missionnaire dans la Kabylie montagneuse considérée, selon lui, comme le Liban d’Afrique. » En 1955, un rapport pastoral fait état de 230 familles kabyles converties, soit 940 personnes, auxquelles il faut ajouter 300 personnes des villages d’origine. Rien à voir avec un phénomène de masse…
Akbou, deuxième grande ville de la wilaya (département) de Béjaïa. À l’époque de la colonisation française, Akbou possédait sa petite église située à une dizaine de mètres de l’hôtel de ville. Désaffecté, l’édifice fait aujourd’hui office de musée du Combattant. « Nous faisons circuler une pétition pour que le bâtiment devienne une église protestante. Le pape Jean-Paul II en personne a été destinataire de la pétition », affirme très sérieusement Hakim, 30 ans, ancien cadre d’un parti politique. Des protestants qui réclament l’aide de l’Église catholique ? Qu’importe !
Hakim est un vétéran de la communauté évangélique à Akbou. Chaque lundi, il organise une messe en plein air, sous un olivier, à laquelle assistent quelque 300 personnes. Converti il y a sept ans, Hakim raconte : « Être musulman, je n’ai jamais su ce que cela voulait vraiment dire. J’ai lu le Coran, mais je ne faisais pas la prière. Je faisais le ramadan, mais je buvais de l’alcool à l’occasion. Quand une personne m’a offert l’Évangile, j’ai passé des nuits entières à l’étudier. Ce que j’y ai trouvé ? L’amour de Dieu, l’espérance en la vie et un énorme esprit de tolérance. Au fil des discussions avec mes nouveaux compagnons, j’ai fini par me convertir. »
Et Hakim a appris la règle chez les évangéliques : un bon chrétien est celui qui prêche la bonne parole pour amener de nouveaux adeptes dans la maison du Seigneur. Yazid, 19 ans, boulanger-pâtissier, a donc été séduit à son tour. À bien y regarder, « frères chrétiens » et « frères musulmans » partagent d’ailleurs la même conviction et pratiquent la même méthode : les âmes se gagnent mieux par le « porte-à-porte ».
Parce que la prédication tapageuse constitue un vrai danger pour ceux qui la pratiquent, les évangéliques font profil bas. Tout est dans le contact individuel. En règle générale, les tentatives d’approche se font dans le voisinage ou dans la famille, à l’exemple de Said. Cet informaticien de 28 ans a découvert « Aissa Imssellak » (Jésus le Sauveur) par le truchement de son frère. Au final, toute sa famille, y compris sa vieille mère et son vieux père, musulmans de naissance, s’est détournée de la religion de Mohammed pour embrasser celle de Jésus. Lorsque Said parle de sa nouvelle foi, les propos sont onctueux. « Le Christ a dit : Je suis le chemin de la Vérité qui mène vers l’éternité. Dieu aime tous les hommes sans exception au point d’avoir sacrifié son fils unique pour leur salut éternel. Je suis un pécheur, j’ai une dette envers Dieu. Le Sang de Jésus me lave de mes péchés. » Dans un pays où l’on a égorgé des bébés et où l’on a éventré des femmes au nom de l’islam, dans une société qui a troqué ses valeurs de solidarité et d’entraide contre la cupidité et la corruption, un prêche débordant de générosité, d’amour et de bonté ne peut que faire mouche.
À l’évidence, il y a chez ces nouveaux chrétiens un très fort besoin de spiritualité. En Kabylie, la faillite des dirigeants politiques a laissé un vide, et les événements tragiques du « printemps noir » ont accentué le désarroi d’une jeunesse sans repères. Pour Philippe Perrenoud, pasteur français ayant régulièrement séjourné et prêché en Algérie, la vague d’évangélisation « touche en priorité les jeunes adultes issus de milieux modestes. Indéniablement, ces jeunes ont la volonté de s’affirmer personnellement et sans doute de marquer une certaine liberté par rapport au contexte arabo-nationaliste », commente-t-il.
Amara fait partie de cette jeunesse écartelée entre tradition et modernité. Jusqu’à l’âge de 18 ans, ce menuisier de profession prenait de la drogue et jouait les gros bras, au point de se faire détester par tout son village. Un exemplaire de l’Évangile l’a radicalement transformé. Il délaisse aussitôt drogue et mauvaises manières, demande pardon à sa mère et à ses soeurs pour le mal qu’il leur a fait subir et se répand en douces paroles. « J’aime tout le monde sans exception. Tout le monde a besoin d’amour et de Salut. L’ancien Amara est mort, crucifié comme le Christ. Un nouvel être est né », dit-il.
Nouveau-né, en anglais Born Again Christian (« chrétien né une nouvelle fois »), voilà le maître mot de cette vaste nébuleuse évangélique dont Amara ignore l’existence, mais à laquelle il appartient désormais. Les Born Again Christians considèrent leur conversion comme une rédemption. Leur mouvement a vu le jour en Amérique au début du xxe siècle. Aujourd’hui, on estime le nombre des évangéliques à plus de 500 millions sur un total de 2 milliards de chrétiens à travers le monde. Plus de 70 millions d’Américains, dont quelques illustres personnages tels que Jimmy Carter et George W. Bush, appartiennent à ce courant religieux dont l’influence et la « puissance de feu » à travers la télévision, les livres, la radio et Internet sont redoutables. Et les Américains suivent de très près ce gigantesque marché religieux qui va de l’Amérique jusqu’en Asie en passant par l’Europe et l’Afrique, grâce notamment à la mise en place par le département d’État d’un bureau dont la mission est d’éditer une sorte de baromètre des libertés de culte à travers le monde.
Quant à savoir si les Algériens subissent ou non l’influence de ces milliers d’organisations américaines, présentes au Maroc, en Irak, en Afrique du Sud, au Cambodge et au Brésil, rien ne permet de répondre par l’affirmative. Le seul pasteur d’origine américaine à avoir séjourné en Kabylie dans les années 1960 répond au nom de Hugh Johnson. Secondé par sa femme, ce natif du Kentucky a officié pendant quelques années dans une église méthodiste des montagnes kabyles avant d’être affecté à Alger. C’est peu…
Les Ouadhias, un gros bourg situé à une quarantaine de kilomètres de la ville de Tizi-Ouzou. On trouve ici l’une des plus importantes communautés évangéliques d’Algérie. Elle possède un vaste domaine qui comprend une petite chapelle, un immeuble à usage administratif servant de maison d’hôte pour les « frères étrangers » et une habitation pour le pasteur et sa famille. Mohand, 46 ans, « chrétien évangélique depuis 1996 », est le premier responsable de cette paroisse. Préparer le culte du vendredi, recevoir les fidèles qui viennent parfois de très loin, distribuer les livres, planifier les études bibliques de la semaine et organiser les baptêmes… Pour Mohand et ses deux assistants, ce ne sont pas les tâches qui manquent. Sont-ils des mécréants à la solde de Bush et de l’internationale évangélique, comme le laissent supposer les officiels et quelques journaux arabophones ? « Nous sommes des chrétiens algériens à part entière. Nous n’avons aucun contact avec des évangélistes américains ou européens », affirme Mohand.
Certes, son église n’est pas encore officiellement reconnue par les autorités, mais cela ne saurait tarder. Un dossier d’agrément pour la création d’une association à caractère cultuel sera déposé incessamment auprès du ministère de l’Intérieur. « Notre souhait est que la tolérance règne dans notre pays afin que chacun puisse vivre et croire selon son choix. Nous n’avons pas de problèmes avec le gouvernement. Nous n’aspirons qu’à une chose : vivre sereinement notre foi », affirme cet homme.
Du fait de son ancienneté, l’église des Ouadhias a accompli un véritable essaimage en Algérie. Certains fidèles vont même prêcher en France, au Tchad, au Sénégal ou encore en Mauritanie. Des séminaires sont régulièrement organisés dans cette paroisse, et ses animateurs reconnaissent qu’en l’absence relative de l’intégrisme islamiste la Kabylie connaît un réveil de la foi chrétienne : « Nous recevons régulièrement des courriers de toutes les régions du pays. Des hommes et des femmes qui veulent en savoir plus sur l’Évangile et sur le christianisme », affirme fièrement ce pasteur.
Quartier de la nouvelle ville de Tizi-Ouzou. « L’Église du plein Évangile » est sortie des entrailles de la mission méthodiste des Ouadhias. Le siège de cette congrégation, une vaste villa de couleur blanche, a été construit grâce à des dons et à une dîme mensuelle prélevée sur les revenus des ouailles. À l’extérieur, pas le moindre signe d’identité religieuse. Pour des raisons de sécurité, la communauté adopte la plus grande discrétion. Un vigile monte la garde à l’entrée du bâtiment. Ce matin-là, une centaine de personnes, des jeunes en majorité, viennent assister à la messe. Les responsables refusent la présence du journaliste, mais Larbi, le vigile, accepte de témoigner. « Ma conversion n’a rien à voir avec l’islamisme ou le terrorisme. En avril 1993, j’ai accompagné un ami dans la maison d’un pasteur. L’accueil était chaleureux. À la fin du dîner, nous avons visionné un film sur la vie de Jésus. Le lendemain, j’ai assisté à la messe et ils m’ont offert L’Évangile selon Matthieu. Un passage du livre disait : « Aimez vos ennemis. » Je n’ai jamais entendu cette expression chez les musulmans. »
Depuis sa conversion, Larbi n’a cessé de se livrer à un prosélytisme aussi discret qu’efficace. « Au début des années 1990, nous étions quelques dizaines de personnes. Aujourd’hui, rien que pour notre église, nous sommes plus d’une centaine. Et notre communauté s’agrandit de jour en jour », précise-t-il. Dans la ville de Tizi-Ouzou, on compte en effet plusieurs églises évangéliques. Quinze, selon un universitaire algérien qui n’hésitait pas à affirmer en mai 2004 que « 30,58 % des habitants de cette région fréquentent des églises ». Il est vrai qu’il faisait cette révélation lors d’un colloque organisé par l’Université des sciences islamiques de Constantine.
Mais d’où viennent les ouvrages bibliques que l’on distribue gratuitement à ces nouveaux chrétiens ? Certains sont fournis par la Société algérienne du livre cultuel, dont le siège est à Alger. Cet organisme importe une ou deux fois par an une moyenne de 1 000 à 2 500 ouvrages bibliques en arabe, et 1 000 à 2 000 en français. Des témoignages, du reste non vérifiés, évoquent l’existence de missionnaires installés dans certains ports de la Méditerranée – Marseille, Alicante, Algésiras, entre autres -, qui distribuent des exemplaires de l’Évangile aux voyageurs en partance pour l’Afrique du Nord. Mais pourquoi aller si loin lorsqu’on sait qu’en Algérie on peut aisément éditer la Bible, dupliquer des cassettes audio et reproduire à des milliers d’exemplaires des films vidéo sur la vie du Christ ?
Mourad possède sa propre maison de production à Béjaïa. Membre de l’EPA (Église protestante d’Algérie), il produit, en toute légalité, des CD, des cassettes et des DVD consacrés à Jésus. Le doublage en kabyle est réalisé dans ses studios. Bien mieux, les productions audiovisuelles de Mourad sont dûment déclarées et protégées par l’ONDA (Office national des droits d’auteur), une sorte de Sacem algérienne. Si la Bible et la vidéo ne suffisent pas à drainer les masses, il y a encore les émissions de radio, les programmes télé et les cours par correspondance. Awal n’tudherth, une émission biblique diffusée régulièrement sur Radio Monte-Carlo, est très prisée par les croyants. Ils suivent également Le Jour du Seigneur tous les dimanches sur France 2 ainsi que les émissions des chaînes protestantes, diffusées par satellite, comme Miracle, Sat 7, TBN pour ceux qui comprennent l’anglais ou El-Hayat pour les arabophones. D’autres chrétiens évangéliques suivent des cours bibliques à distance.
Le Mena (Ministère évangélique parmi les nations arabes) fait justement partie de ces milliers d’associations religieuses qui dispensent des cours par correspondance. Ses activités incluent la production d’émissions radiophoniques, de cassettes et de brochures. Sur son site Internet, le Mena affiche clairement son objectif : convertir le maximum de musulmans à la religion chrétienne. « Nous cherchons, avec l’aide de Dieu, à atteindre les musulmans du monde arabe là où on peut les trouver, par l’envoi d’hommes et de femmes consacrés qui renoncent à eux-mêmes, pour encourager les églises autochtones et en établir de nouvelles, là où elles n’existent pas. »
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