Politique

RDC : dans le premier cercle de Félix Tshisekedi, qui bénéficie de la condamnation de Vital Kamerhe ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Mis à jour le 06 juillet 2020 à 16h26
Le président congolais Félix Tshisekedi réajuste discrètement son premier cercle.

Le président congolais Félix Tshisekedi réajuste discrètement son premier cercle. © Présidence RDC

L’ancien directeur de cabinet Vital Kamerhe hors jeu, les cartes ont été redistribuées à la Cité de l’Union africaine. Revue des effectifs dans une présidence en mutation.

Après des mois de tensions et de luttes d’influence entre l’entourage de Félix Tshisekedi et celui de Vital Kamerhe, depuis l’incarcération de ce dernier le 8 avril, un discret jeu de chaises musicales s’opère à la Cité de l’Union africaine. Condamné à 20 ans de prison le 20 juin pour corruption et détournement de fonds, l’ancien directeur de cabinet du chef de l’État assiste, impuissant, aux discrets remaniements dans l’entourage présidentiel depuis sa cellule de la prison de Makala.

Qui compose désormais le premier cercle de Tshisekedi ?

Les nouveaux puissants

S’il n’a toujours pas démissionné ni n’a été limogé, Vital Kamerhe devrait bel et bien être définitivement remplacé prochainement par ordonnance présidentielle – depuis le mois de mai, Désiré Cashmir Eberande Kolongele assure son intérim.

Le nom de Claude Ibalanky, avec qui il était en bisbille, est évoqué avec insistance. Il vient de soumettre une proposition de refonte de l’organigramme du cabinet présidentiel, actuellement à l’étude.

Nommé en avril 2019 au poste de coordonnateur du mécanisme national de suivi de l’accord cadre d’Addis-Abeba, Claude Ibalanky est un collaborateur privilégié de Tshisekedi, qui lui a officieusement confié la gestion de sa diplomatie au niveau régional. Très impliqué dans les questions sécuritaires, il a ainsi œuvré pour le rapprochement avec Kigali.

Claude Ibalanky, en mai 2019.

Claude Ibalanky, en mai 2019. © Monusco

Assistant personnel de Félix Tshisekedi, Michée Mulumba a progressivement hérité du poste de conseiller en communication du président de la République. Ce dernier lui a confié la communication de la commémoration du 60e anniversaire de l’accession de la RDC à l’indépendance. Il a ainsi récupéré certaines des prérogatives jusqu’ici confiées à Lydie Omanga. Très proche de Vital Kamerhe, cette membre de l’Union pour la nation congolaise (UNC) a été nommée vice-présidente de l’Autorité de régulation des postes et télécommunication.

D’autres personnalités proches de Vital Kamerhe ont été écartées. Pacifique Kahasha, l’un des chargés de mission, garde son poste mais il ne bénéficie plus des mêmes accès à Félix Tshisekedi, tout comme Coco Ntumba Bwatshia, responsable juridique à la présidence.

Secrétaire particulier de Félix Tshisekedi, Taupin Kabongo est désormais l’homme qui gère l’intégralité de l’agenda du chef de l’État, une tâche précédemment partagée avec Michée Mulumba.

Haut représentant du chef de l’État, Kitenge Yesu profite également de la mise à l’écart de Vital Kamerhe. Élevé au rang de vice-Premier ministre en mai, après l’abrogation d’une ordonnance de novembre 2019 qui le plaçait à un rang hiérarchiquement inférieur à celui de Kamerhe, il joue un rôle de relais avec les partenaires politiques de Félix Tshisekedi.

Souvent missionné pour s’entretenir avec l’ancien président Joseph Kabila, il soigne aussi les relations avec les différents partenaires du Cap pour le changement (Cach) tels que Tryphon Kin Kiey Mulumba. Il est aussi très actif sur Twitter, où il s’attaque aux détracteurs du chef de l’État.

Autre personnalité à tirer avantage de la mise hors jeu de Vital Kamerhe, le sénateur François Muamba a été nommé en avril au poste de coordonnateur national du Conseil présidentiel de veille stratégique (CPEVS), une cellule créée spécialement pour lui.

Les inamovibles piliers

À côté de ces conseillers dont l’influence s’est accrue, d’autres ont consolidé leurs positions. Homme de l’ombre du président, Fortunat Biselele surnommé « Bifore » officie comme conseiller privé de Félix Tshisekedi. Il dirige également l’Office privé de la présidence de la République. Cet organe est chargé de coordonner l’action de la Maison civile du chef de l’État (qui a été dirigée par l’oncle de ce dernier, Mgr Gérard Mulumba, décédé le 15 avril dernier des suites du coronavirus) et celle du Bureau du conjoint, gérée par la première dame, Denise Nyakeru. Aussi incontournable que discret à la Cité de l’Union africaine, il est aussi bien chargé des questions de stratégie que de sécurité et de politique.

De gauche à droite, Fortunat Biselele, Michée Mulumba et Taupin Kabongo.

Fortunat Biselele, Michée Mulumba et Taupin Kabongo.© Présidence RDC © Présidence RDC

Autre pilier de ce premier cercle, François Beya est conseiller spécial du chef de l’État en matière de sécurité. Celui qui fut le patron de la Direction générale de migration sous Joseph Kabila, fait régulièrement l’intermédiaire entre Félix Tshisekedi et son prédécesseur. Il participe à presque toutes les réunions entre les deux hommes. Il est l’homme des dossiers sensibles, sécuritaires comme politiques, puisqu’il est en contact permanent avec presque tous les opposants du chef de l’État.

Enfin, sur les dossiers économiques, Jean Claude Kabongo est plus que jamais le relais privilégié pour les entreprises étrangères à la présidence. Conseiller spécial en matière d’investissements, il gère de nombreux dossiers comme le grand projet du barrage d’Inga.

Ambassadeur itinérant de Tshisekedi, Nicolas Kazadi est également actif sur ces mêmes dossiers. Il a été le coordonnateur du comité de suivi du programme des 100 jours.

 

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