Politique

RDC : Ronsard Malonda prend la tête de la Ceni, mais la controverse ne faiblit pas

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Mis à jour le 03 juillet 2020 à 12h37
Le siège de la Ceni à Kinshasa, en 2017.

Le siège de la Ceni à Kinshasa, en 2017. © John Wessels/AFP

L’Assemblée nationale a entériné le choix de Ronsard Malonda pour présider la commission électorale, après plusieurs jours de tractations. La société civile et l’opposition dénoncent un passage en force.

Corneille Nangaa tient son successeur : Ronsard Malonda, dont le nom a été choisi par six des huit confessions religieuses chargées de désigner le prochain président de la Commission électorale nationale indépendante (Ceni), a été confirmé en plénière à l’issue d’une séance tendue. Sa nomination doit désormais être entérinée par le président de la République.

L’opposition et la société civile dénoncent depuis plusieurs jours ce choix, accusant Ronsard Malonda d’avoir joué un rôle lors du scrutin controversé de décembre 2018.

L’intéressé a occupé plusieurs postes au sein de la Ceni au cours des quinze dernière années. Depuis 2015, il était secrétaire exécutif national auprès de Nangaa, une fonction qui consiste, selon la loi organique, à appliquer les décisions de la Commission.

À l’issue d’une réunion tenue les 8 et 9 juin sous l’égide du cardinal Ambongo, les huit représentants des confessions religieuses n’étaient pas parvenus à un consensus.

« Passage en force »

Menée par les kimbanguistes, soutenus par cinq autres confessions (la Communauté islamique, l’Union des Églises indépendantes du Congo, l’Église du réveil du Congo, l’Église orthodoxe et l’Armée du salut), un premier groupe avait opté pour Ronsard Malonda. La Conférence épiscopale nationale du Congo (Cenco) et les protestants de l’Église du Christ au Congo (ECC) s’étaient opposés à sa nomination, au motif qu’il avait participé au précédent scrutin.

Le PV portant nomination de Malonda, signé à l’issue d’un vote que la Cenco et l’ECC conteste, était néanmoins parvenu jusqu’à l’Assemblée nationale. « Notre seul mission est d’entériner ce choix comme la loi le prévoit », nous explique-t-on au sein de l’équipe de Jeanine Mabunda, la présidente de l’Assemblée.

Plusieurs députés affirment ne pas avoir été informés que la question serait à l’ordre du jour.

Depuis plusieurs jours, société civile et opposition s’étaient mobilisées contre Ronsard Malonda. La Cenco et l’ECC ont notamment dénoncé un « passage en force » de la majorité.

Lors de son homélie pour le 60e anniversaire de l’indépendance de la RDC, le 30 juin, le cardinal Ambongo avait appelé la population à se tenir prête à se mobiliser. « Lorsque le moment viendra, lorsqu’ils s’obstineront à faire passer ces lois et ces personnages à la tête de la Ceni, il faudra qu’ils nous trouvent sur leur chemin », avait-il affirmé.

Dans une réponse publiée par communiqué le lendemain, les six autres confessions religieuses qui soutiennent Malonda ont dénoncé des « évangiles de croisade » et affirmé que la RDC n’avait besoin ni de martyrs ni d’un mouvement insurrectionnel.

Report de la réforme judiciaire

Cette décision est intervenue alors que cette question ne figurait pas à l’ordre du jour de la plénière. Le matin même, plusieurs députés affirmaient ne pas en avoir été informés. L’entérinement a par ailleurs eu lieu alors qu’une réunion bilatérale se tenait entre Félix Tshisekedi et Joseph Kabila pour évoquer les points de crispation entre la coalition Cach et le Front commun pour le Congo (FCC).

L’examen des propositions de réforme judiciaire initiée par le FCC de Joseph Kabila a en revanche été reporté à la prochaine session parlementaire, en septembre. Le camp Kabila affirme vouloir faire « de la pédagogie » sur ces lois qui ont provoqué une levée de boucliers au sein de l’opposition, du camp Tshisekedi et de la société civile.

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