Banque commerciale

Avec Alain Nkontchou, Ecobank veut accélérer le renforcement de son capital

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Mis à jour le 02 juillet 2020 à 15h46
Siège d'Ecobank, à Lomé (Togo).

Siège d'Ecobank, à Lomé (Togo). © Michel Aveline pour JA

Désireuse d’améliorer sa rentabilité, Ecobank propulse le spécialiste camerounais du capital-investissement à la tête de son conseil d’administration.

Valse de nominations à l’occasion des dernières assemblées générales, ordinaire et extraordinaire, d’Ecobank Transnational Incorporated (ETI), le 30 juin. La maison mère du groupe bancaire panafricain Ecobank, basé à Lomé, entérine un changement notable : le départ à la retraite de son président, le Nigérian Emmanuel Ikazoboh, remplacé à la tête du conseil d’administration par le financier camerounais Alain Nkontchou.

Spécialiste du private equity, Alain Nkontchou est l’un des premiers Africains à se lancer sur les marchés de capitaux dans la City londonienne. Ancien de JPMorgan à Londres, il est aujourd’hui associé directeur de la société de gestion d’actifs Enko Capital Management, qu’il a cofondée avec son frère Cyrille Nkontchou en 2008 et qui est basée dans la capitale britannique et à Johannesburg. Alain Nkontchou intègre en 2015 le conseil d’administration d’ETI, en tant que directeur non exécutif.

En désignant Alain Nkontchou, le holding bancaire panafricain mise donc sur un expert de l’étude de rentabilité et de la recherche de financement. « Mon rôle sera principalement d’accompagner Ade Ayeyemi, le directeur général du groupe, dans les grandes lignes qu’Ecobank se fixe : continuer la stratégie du renforcement du capital de la société en elle-même, mettre l’accent sur le digital afin d’augmenter la productivité (ratio coût / revenu) », détaille Alain Nkontchou interrogé par Jeune Afrique.

Résultats en retrait

« 2019 a été une année de progression substantielle pour le groupe, sur plusieurs fronts, à la fois avec l’élargissement de notre gamme de produits, la mise à niveau de notre plateforme principale d’applications bancaires, l’augmentation du nombre de nos clients et la conclusion de nouveaux partenariats. Chacun de nos trois métiers a amélioré sa rentabilité », a déclaré Ade Ayeyemi à l’issue des assemblées générales.

Présent dans 33 pays en Afrique subsaharienne, le groupe Ecobank a réalisé un résultat net en retrait de 20 %, à 67 millions de dollars, au 1er trimestre 2020 – ce avant même la prise en compte de l’impact du Covid-19 sur l’équilibre de la banque. Un inversement de tendance conséquent alors que le groupe bancaire a enregistré l’an dernier un bénéfice de 329 millions de dollars, son deuxième plus haut niveau en dix ans, en hausse de 44 % par rapport à l’année précédente.

En mai, l’agence de notation américaine Fitch avait fait passer la note du groupe bancaire de B à B-. En cause, le probable non-versement de dividende aux actionnaires pour 2020 anticipé Fitch, et ce pour la troisième année consécutive, ainsi que l’augmentation des pertes de change en devises, en particulier au Nigeria, qui a pour effet de plomber les réserves du groupe. Fitch Ratings soulignait que la forte exposition du groupe au secteur pétrolier au Nigeria pourrait impacter les paramètres de qualité des actifs et de rentabilité d’Ecobank Group.

Ce 30 juin, ont également été désignés par les actionnaires d’Ecobank deux nouveaux administrateurs : Enase Okonedo, doyenne de la Lagos Business School, en remplacement d’Arunma Oteh, démissionnaire, et le banquier ghanéen, ancien directeur de GCB Bank, Simon Dornoo. Ont par ailleurs été cooptés en tant qu’administrateurs Deepak Malik, représentant de l’investisseur Arise BV – qui a acquis 14 % du capital de la banque panafricaine en 2019 -, Zanele Monnakgotla, candidate de Public Investment Corporation (PIC), et George Agyekum Donkor, le représentant d’Ecowas Bank for Investment & Development.

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