Politique

Éthiopie : arrestation de l’opposant Jawar Mohammed

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 01 juillet 2020 à 12h49
Jawar Mohammed (g.) avec le Premier ministre Abiy Ahmed, à Minneapolis, le 31 juillet.

Jawar Mohammed (g.) avec le Premier ministre Abiy Ahmed, à Minneapolis, le 31 juillet. © Capture d'écran - Youtube

La police éthiopienne a confirmé mardi soir avoir arrêté le populaire dirigeant d’opposition Jawar Mohammed, critique du Premier ministre Abiy Ahmed, courant le risque d’aggraver encore les tensions communautaires qui ont causé plusieurs morts en région Oromia.

Fondateur du média d’opposition Oromia Media Network (OMN), basé aux États-Unis et qui diffuse principalement via Facebook, l’opposant Jawar Mohammed a été arrêté mardi à Addis Abeba avec 34 autres personnes, a indiqué dans un communiqué le chef de la police fédérale, Endeshaw Tassew.

Son arrestation a fait suite à une altercation avec la police au sujet du corps d’Hachalu Hundessa, un célèbre chanteur oromo tué par balle lundi soir à Addis Abeba. Ce décès a provoqué des manifestations mardi en Oromia, qui ont débouché sur des violences dans lesquelles au moins quatre personnes, selon des sources médicale et locale, ont trouvé la mort.

Le corps d’Hachalu devait être transporté dans sa ville natale d’Ambo pour y être inhumé, mais Jawar Mohammed et certains de ses partisans l’ont intercepté et ont tenté de le ramener à Addis Abeba, a affirmé Endeshaw Tassew. « Il y a eu un incident entre les forces de sécurité fédérales et d’autres, et au passage un membre de la police spéciale d’Oromia a été tué », a-t-il déclaré. « Trente-cinq personnes, dont Jawar Mohammed, ont été arrêtées. Les forces de sécurité ont saisi huit kalachnikov, cinq pistolets et neuf transmetteurs radio dans la voiture de Jawar Mohammed », a-t-il ajouté.

Tensions en Oromia

Jawar Mohammed, qui a rejoint en début d’année le Congrès fédéraliste oromo (OFC), avait aidé à organiser les manifestations antigouvernementales qui ont mené à l’arrivée au pouvoir en avril 2018 d’Abiy Ahmed. Mais en 2019, il s’est affirmé comme un des principaux détracteurs du chef du gouvernement. Les deux hommes sont issus du premier groupe ethnique du pays, les Oromo. Leurs désaccords illustrent les divisions en son sein.

En octobre, l’activiste devenu opposant avait accusé le gouvernement d’avoir tenté de s’en prendre à lui, provoquant des manifestations anti-Abiy qui avaient débouché sur des affrontements ethniques en Oromia, et la mort de 86 personnes. Son arrestation pourrait exacerber les tensions en Oromia.

Cette région, qui entoure la capitale Addis Abeba, s’est longtemps estimée marginalisée économiquement et politiquement. Même si Abiy Ahmed est le premier chef de gouvernement oromo de l’histoire moderne, de nombreux nationalistes oromo l’accusent de ne pas faire suffisamment pour défendre les intérêts de sa communauté.

Hachalu Hundessa avait été un des porte-voix des Oromo lors des manifestations antigouvernementales entre 2015 et 2018. Le mobile de son meurtre n’est pas encore connu. La police a affirmé avoir arrêté « des suspects » et a tenté de les lier à l’Armée de libération oromo (OLA), un groupe rebelle actif dans le sud et l’ouest de l’Oromia.

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