Politique

Niger : l’audit de la Défense bientôt entre les mains du juge d’instruction

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Des soldats nigériens dans la région d'Agadez, en 2011.

Des soldats nigériens dans la région d'Agadez, en 2011. © Luc Gnago /REUTERS

L’enquête préliminaire ayant été bouclée par le procureur et la police judiciaire, le dossier de l’audit du ministère nigérien de la Défense doit être transmis dans les prochains jours au juge d’instruction.  

L’affaire de l’audit du ministère nigérien de la Défense suit son cours judiciaire. Selon nos informations, l’enquête préliminaire – demandée par le procureur à la police judiciaire nigérienne à la suite de la première publication de l’audit de l’inspection générale des armées – sera transmise à un juge d’instruction d’ici à la fin de la semaine. Celui-ci sera chargé d’enquêter sur les soupçons mis au jour par le parquet.

Le procureur a affirmé avoir découvert des malversations dans des marchés passés par le ministère de la Défense. L’enquête préliminaire détaillerait « un manque à gagner » pour l’État de plus de 12 milliards de F CFA (18,4 millions d’euros) au titre des surfacturations et de 18,5 milliards de F CFA (28,3 millions d’euros) pour du matériel non livré.

Longs interrogatoires

Toujours selon nos informations, plusieurs hauts gradés de l’armée ont été entendus par la police judiciaire, ainsi que des fournisseurs de la Défense nigérienne, dont l’homme d’affaires Hima Aboubacar, surnommé « Petit Boubé ». Ce dernier, un proche du pouvoir marié à la fille de l’ancien président Ibrahim Baré Maïnassara, a été interrogé au début de mai à quatre reprises, dont deux qui ont duré plusieurs heures.

Hima Aboubacar, défendu par l’ancien bâtonnier du barreau du Niger Marc Le Bihan, a notamment contesté l’information selon laquelle plusieurs des contrats le liant au ministère de la Défense auraient fait l’objet de surfacturations par l’intermédiaire d’une société basée au Nigeria. « Petit Boubé » affirme par ailleurs que chacune de ses sociétés a reçu l’agrément des autorités nigériennes.

Aucune des personnalités suspectées n’a, pour le moment, été officiellement informée des faits qui lui sont reprochés, ce rôle revenant au juge d’instruction. Mais, selon nos sources, les principaux chefs d’accusation seraient « faux et usage de faux », « rupture de l’égalité devant la commande publique » ou encore « enrichissement illicite ».

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