Politique

Malawi : élu président, l’opposant Lazarus Chakwera a prêté serment

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 29 juin 2020 à 11h15
Lazarus Chakwera prête serment, le 28 juin 2020, au Malawi.

Lazarus Chakwera prête serment, le 28 juin 2020, au Malawi. © Thoko Chikondi/AP/SIPA

Le chef de l’opposition malawite, Lazarus Chakwera, a prêté serment dimanche 28 juin comme chef de l’État au lendemain de sa victoire à la présidentielle, organisée après l’annulation de la réélection du sortant Peter Mutharika.

« Je jure solennellement de remplir les fonctions de président de la République du Malawi et de préserver et défendre la Constitution », a déclaré Lazarus Chakwera lors d’une cérémonie à Lilongwe, la capitale.

Le vice-président Saulos Chilima, qui avait rompu avec Peter Mutharika et s’était allié au chef de l’opposition, a également prêté serment en tant que vice-président.

Le Malawi est le deuxième pays d’Afrique subsaharienne à avoir annulé une élection présidentielle, après le Kenya en 2017. Mais il est le premier au cours duquel le nouveau scrutin a consacré la défaite du sortant.

Au terme de quatre longues journées de dépouillement, le président de la commission électorale (MEC) Chifundo Kachale a de fait confirmé la large victoire de Lazarus Chakwera, ancien pasteur évangéliste de 65 ans, avec 58,57% des suffrages. Il devance Peter Mutharika, 79 ans, au pouvoir depuis 2014, de plus de 800 000 voix.

Après l’annulation de la réélection du président sortant en mai 2019, en raison de fraudes massives, plus de 4 millions d’électeurs avaient voté mardi pour la deuxième fois en un an. 

« Désir de changement »

Se disant « empli d’une joie indescriptible », le nouveau président a remercié ses concitoyens : « c’est un honneur forgé au creuset de votre désir et de votre aspiration au changement ».

Dans un discours sur la place de la Liberté de Lilongwe, il s’est engagé à rétablir « la confiance dans la possibilité d’avoir un gouvernement au service » de la population, mais aussi à être le président de tous les Malawites.

« Beaucoup d’entre vous n’ont pas voté pour moi et peut-être que la perspective de ma présidence suscite chez vous de la crainte », a-t-il lancé. « Mais le Malawi est votre pays aussi (…) donc, tant que je serai son président, vous aussi vous épanouirez », leur a-t-il assuré. Le nouveau président a fait campagne en dénonçant l’échec économique et la corruption du régime de Peter Mutharika.

Silence de Mutharika

Ce dernier ne s’est pas exprimé depuis la proclamation de sa défaite samedi. Quelques heures auparavant, il avait toutefois dénoncé des irrégularités lors du vote.

Son Parti démocratique progressiste (DPP) avait de son côté exigé l’annulation pure et simple des résultats, faisant état d’intimidations et de violence contre ses scrutateurs, laissant augurer d’une nouvelle bataille devant la justice. Mais la commission électorale a rejeté ces allégations.

Plusieurs dirigeants et personnalités du continent ont félicité dimanche le nouveau président malawite, parmi lesquels le président kényan Uhuru Kenyatta, et le Sud-Africain et président en exercice de l’Union africaine Cyril Ramaphosa qui a félicité « le peuple du Malawi pour ces élections pacifiques ».

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