Pétrole & Gaz

Pétrole : le Sénégal prêt à tripler ses parts dans Sangomar

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Mis à jour le 26 juin 2020 à 09h21
Un bateau de forage utilisé au large du Sénégal.

Un bateau de forage utilisé au large du Sénégal. © Cairn Energy

La société nationale sénégalaise Petrosen se prépare à reprendre les parts de la junior australienne FAR, en défaut de paiement.

Incapable de se refinancer sur les marchés, la junior australienne FAR a annoncé le 24 juin se mettre en défaut de paiement envers le projet sénégalais pétrolier offshore de Sangomar, dont elle est actionnaire à 15 %. Elle devait régler en 2020 quelque 100 millions de dollars à la coentreprise du projet, mené par son compatriote Woodside.

Mais à Dakar, les autorités se disent peu inquiètes de cette défection probable. « Nous nous attendions à cette décision de la part de FAR, compte tenu de ses difficultés financières dans une conjoncture pétrolière compliquée », indique Mamadou Fall Kane, conseiller du président Macky Sall et secrétaire exécutif du Conseil d’orientation stratégique pétrolier et gazier (COS-Petrogaz) du Sénégal.

« FAR dispose de six mois pour se conformer à ses obligations. Dans cet intervalle, nous réfléchissons à la reprise en main des parts de FAR par la compagnie nationale Petrosen », confie le responsable pétrolier. Selon lui, Petrosen pourrait progressivement passer de 10 à 32 % au capital de la coentreprise du projet de Sangomar, en utilisant une option d’achat de 8 % qui lui est réservée, et en acquérant les 15 % de FAR.

Un mécanisme de financement de cette acquisition pourrait être trouvé avec les deux autres actionnaires, Woodside (35 % des parts actuellement) et le britannique Cairn Energy (40 %) : en échange de sa montée au capital, Petrosen leur céderait une partie de ses parts de la production pétrolière future du projet. Certains analystes interrogés par l’agence Reuters estiment toutefois que Cairn Energy, également fragilisé par la conjoncture, pourrait rechigner à augmenter ses investissements dans le projet, ce qui ne serait pas le cas de Woodside.

Calendrier maintenu

Pour le reste, Dakar s’affirme toujours confiant sur la poursuite du second projet d’extraction d’hydrocarbures le plus important du pays, après celui de Grand-Tortue, gazier, mené par BP, et qui a lui été récemment décalé d’une année.

« Je peux vous assurer que le projet de Sangomar se fera, et sans changement de calendrier du fait de l’éventuelle défection de FAR », affirme Mamadou Fall Kane, qui estime que l’entrée en exploitation de la phase 1 du projet de Sangomar – permettant d’atteindre les 100 000 barils par jour – se fera comme prévu en 2023, probablement au second trimestre. La coentreprise menée par Woodside aurait déjà commandé en Asie les plus grands composants de la barge de production pétrolière (FPSO), représentant les dépenses les plus importantes du projet.

Quant aux inquiétudes sur la rentabilité du projet, alors que le Brent tournait le 25 juin autour de 40 dollars le baril, Woodside affirme qu’elles sont infondées et que Sangomar serait à l’équilibre même avec le cours actuel. Une affirmation en contradiction avec les estimations du cabinet spécialisé Rystad Energy, qui estimait en mai le point d’équilibre du projet à 55 dollars le baril.

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