Politique

Bénin : les pro-Yayi à la manœuvre pour créer un nouveau parti

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
L'ancien président béninois Thomas Boni Yayi devant la demeure de son prédécesseur Nicéphore Soglo en avril 2019 à Cadjehoun, un district de Cotonou.

L'ancien président béninois Thomas Boni Yayi devant la demeure de son prédécesseur Nicéphore Soglo en avril 2019 à Cadjehoun, un district de Cotonou. © Yanick Folly/AFP

Emmenés principalement par les cadres des FCBE qui ont quitté le parti en même temps que Thomas Boni Yayi, des opposants béninois travaillent à la création d’une nouvelle formation en vue de la présidentielle de 2021. 

Plusieurs personnalités de l’opposition en exil ont été contactées par les responsables politiques restés au Bénin en vue de la constitution d’un nouveau parti. Les instigateurs de cette démarche – dont le noyau dur, constitué d’anciens cadres des Forces cauris pour un Bénin émergent (FCBE) restés fidèles à Thomas Boni Yayi, est renforcé par plusieurs personnalités issues de formations politiques désormais privées d’existence légale au Bénin, maintiennent pour l’instant la plus grande discrétion sur le contenu des discussions en cours.

Selon nos informations, les statuts de ce nouveau parti – qui cherche encore son futur nom, son logo et qui, surtout, travaille à la conception d’une plateforme idéologique – devraient être déposés devant les autorités béninoises au cours de la première quinzaine de juillet.

Un congrès constitutif est également en cours d’organisation. Un temps programmé lors de cette dernière semaine de juin, il a été repoussé en raison de la poursuite des discussions autour de plusieurs points d’achoppement.

À Cotonou, ce sont essentiellement les anciens cadres du FCBE qui sont à la manœuvre : Nourrenou Atchadé, ancien secrétaire national à la communication des FCBE, Alassane Tigri, ex-ministre et ancien secrétaire général du gouvernement sous Boni Yayi, et Eugène Azatssou, qui fut coordinateur du parti.

Parmi les personnalités qui ne sont pas issues des rangs des FCBE, Éric Houndété, ancien premier vice-président de l’Assemblée nationale et proche de Thomas Boni Yayi, et Léon Basile Ahossi, ex-député de l’Union sociale libérale (USL), sont également impliqués.

Bien qu’ils aient très fortement critiqué ceux qui approuvaient la stratégie pragmatique des FCBE – ceux qui, derrière l’ancien ministre Paul Hounkpé et le secrétaire exécutif national Théophile Yarou ont accepté de jouer le jeu électoral lors des dernières municipales –, les tenants de la ligne « dure » envisagent donc désormais de se conformer aux règles imposées par les autorités béninoises dans la constitution du futur parti.

Stratégie

Plusieurs personnalités politiques en exil ont également été approchées pour discuter de la stratégie du mouvement à naître et tenter de les convaincre d’appeler leurs troupes à le rejoindre. Réfugié aux États-Unis, l’ancien ministre Komi Koutché, condamné par la Cour de répression des infractions économiques et du terrorisme (CRIET) à vingt ans de réclusion criminelle et qui ne cesse depuis de clamer son innocence, a participé à ces discussions.

L’ancien maire de Cotonou, Léhady Soglo, qui réside à Paris, participe lui aussi activement aux échanges en cours. Léonce Houngbadji, président du Parti pour la libération du peuple (PLP), extrêmement actif sur les réseaux sociaux et auprès de la diaspora béninoise en France, a également été approché. Mais il a refusé de participer à cette initiative, à l’instar des cadres du Parti communiste du Bénin (PCB)

L’homme d’affaires et politicien Sébastien Ajavon – actuellement réfugié en France après avoir été condamné à vingt ans de prison pour « trafic de drogue » par la CRIET – a lui aussi été contacté. Tout comme l’ancien ministre Valentin Djénontin, qui vit à Paris et est sous le coup d’une condamnation à deux ans de prison pour « soustraction frauduleuse de documents administratifs ». Mais, toujours selon nos informations, ils ne comptent pas contribuer activement à la définition de la stratégie de ce parti.

Opposition radicale

Si certains plaident pour la création de la formation, d’autres se montrent plus que réticents et militent au contraire pour maintenir une opposition radicale. Aucun de ces opposants en exil ne figurera sur l’organigramme officiel du futur parti. Tous ont en effet été condamnés, ou sont visés par des procédures judiciaires toujours pendantes, ce qui leur interdit, selon la loi béninoise, de figurer dans le bureau politique d’une formation.

Selon l’un des acteurs centraux des négociations en cours, très actif dans la constitution du dossier et la collecte des pièces nécessaires pour remplir les conditions administratives, ils auront cependant leur mot à dire sur la ligne politique et la stratégie. Et ce notamment dans la perspective de la présidentielle de 2021, qui approche à grands pas.

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