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Après le Printemps, enfin l’embellie arabe

Trois ans après le début des révolutions et le tumulte économique qui a suivi, le FMI annonce l’amorce d’un redressement dans la région.

Mis à jour le 12 mai 2014 à 11:50

Christine Lagarde . © Bruno Lévy/JA

Au moment où sa directrice générale, Christine Lagarde, effectue une tournée au Maghreb et au Moyen-Orient (du 7 au 12 mai), le Fonds monétaire international (FMI) prévoit une embellie pour les pays de cette région. Selon l’institution, la tourmente économique qui a accompagné le Printemps arabe à partir de 2011 touche à sa fin. L’Égypte, la Jordanie, le Maroc, la Tunisie et le Yémen (désormais qualifiés de pays en transition) devraient ainsi voir leur croissance économique s’accélérer. Certes, la progression sera légère cette année, à + 2,9 % (contre 2,8 % en 2013), mais elle devrait rapidement atteindre 4,3 % en 2015.

Reprise

Derrière cette reprise, la vigueur retrouvée du commerce avec l’Europe et la baisse des prix alimentaires. L’investissement public est également en hausse grâce aux financements des bailleurs de fonds. Au total, le FMI a engagé près de 10 milliards de dollars (environ 7,2 milliards d’euros) pour soutenir les programmes de réforme économique dans plusieurs pays de la zone. Entre 2010 et 2012, la croissance a été tirée par la consommation tandis que les exportations étaient à la traîne. Mais dès cette année, les investissements directs étrangers (IDE) et les exportations vont s’ajouter à cet élan, explique Masood Ahmed, directeur du département Moyen-Orient et Asie centrale au FMI.

Les efforts de diversification dans des pays comme le Maroc ont contribué à stimuler l’industrie. Toujours selon Masood Ahmed, Rabat met en oeuvre un programme de réforme macroéconomique clair à moyen terme, avec une modification de la protection sociale et des retraites. « Comme le Maroc, la Jordanie et la Tunisie ont réussi à introduire des réformes de leurs systèmes de subventions, ce qui leur permet de réduire les dépenses de l’état et de mieux cibler l’aide sociale », ajoute-t-il.

Jeunes chômeurs

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Cependant, le risque de revers politiques (avec des élections présidentielles qui se profilent en égypte et en Tunisie) ou d’une intensification des tensions sociales pèse encore sur le redressement.

« Le taux de chômage, à 13 % – presque le double chez les jeunes ! -, demeure à un niveau inacceptable », rappelle Masood Ahmed. D’autant que quelque 1,5 million de jeunes sont arrivés sur le marché du travail depuis 2011, ce qui pourrait engendrer encore plus de pression sociale et inciter les gouvernements à inverser les réductions des dépenses prévues.

Pour Masood Ahmed, ces États n’ont d’autre choix que de développer des marchés du travail plus flexibles et de lutter contre la bureaucratie, deux domaines où ils se classent au-dessous de leurs pairs dans le monde.