Politique économique

La monnaie unique de la Cedeao a-t-elle encore une chance ?

Réservé aux abonnés | | Par - avec Alain Faujas et Nelly Fualdes
Mis à jour le 26 juin 2020 à 12h31
Muhammadu Buhari lors de sa prestation de serment, le 29 mai 2019 à Abuja.

Muhammadu Buhari lors de sa prestation de serment, le 29 mai 2019 à Abuja. © AP/sipa

Alors que l’abandon du franc CFA pour l’eco décidé par les pays de l’UEMOA prend effet à partir du 1er juillet, le président nigérian, Muhammadu Buhari exprime son inquiétude. La perspective d’une monnaie unique de la Cedeao semble s’éloigner.

« J’ai l’impression que la zone Uemoa souhaite adopter l’eco en remplacement de son franc CFA avant les autres États membres de la Cedeao. Il est préoccupant que ceux avec qui nous souhaitons entrer dans une union fassent des pas importants sans nous faire confiance pour en discuter. »

« Le Nigeria soutient pleinement et s’engage en faveur d’une union monétaire avec les bons fondamentaux – une union qui garantit la crédibilité, la durabilité et la prospérité et la souveraineté régionales globales. Mais nous devons faire les choses correctement et garantir le respect absolu des normes fixées. »

« Nous devons également communiquer efficacement avec le monde extérieur. Nous avons tous tellement misé sur ce projet pour laisser les choses à la simple commodité et à l’opportunisme. »

« Nous devons procéder avec prudence et nous conformer au processus convenu pour atteindre notre objectif collectif tout en nous traitant mutuellement avec le plus grand respect. Sans cela, nos ambitions pour une Union monétaire stratégique en tant que bloc de la Cedeao pourraient très bien être gravement compromises. »

Avec cette salve de tweets, envoyée le 23 juin, le président nigérian, Muhammadu Buhari, a jeté un pavé dans la mare, rappelant les divergences au sein de la Cedeao entre membres et non-membres de l’Union monétaire ouest-africaine (UMOA), alors qu’approche l’échéance du 1er juillet, fixée pour l’adoption de l’eco par ces 8 pays.

Cette position, tenue par le président nigérian lors d’une réunion de la Zone monétaire de l’Afrique de l’Ouest (ZMAO) – composée de la Gambie, du Ghana, de Guinée, du Liberia, du Nigeria et de la Sierra Leone – qui avait lieu le jour même en visioconférence, a également été adoptée par le président guinéen, Alpha Condé, qui a déclaré qu’ »en aucun cas la Guinée ne saurait adhérer à une zone monétaire sans les 15 États de la Cedeao ». Décryptage.

  • Pourquoi la monnaie unique est-elle devenue un champ de bataille entre les zones UMOA et ZMAO ?

Dès l’annonce du remplacement du franc CFA par l’eco, faite par Alassane Ouattara en présence d’Emmanuel Macron, le 21 décembre 2019, le dirigeant nigérian s’était inquiété de cette décision, qui empiétait sur le projet déjà lancé d’une monnaie du même nom à l’échelle de la Cedeao. Muhammadu Buhari, dont le pays pèsera plus de la moitié de la masse monétaire de la future zone, proteste contre le caractère « unilatéral » de la décision.

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