Politique

Tchad-Centrafrique : où en est le dossier du général rebelle Abdoulaye Miskine ?

Réservé aux abonnés | | Par Jeune Afrique
Le général centrafricain Abdoulaye Miskine à Biti.

Le général centrafricain Abdoulaye Miskine à Biti. © AFP

Incarcéré au Tchad depuis novembre 2019, le rebelle centrafricain Abdoulaye Miskine est accusé d’avoir dirigé un mouvement insurrectionnel et d’avoir perpétré des viols en Centrafrique entre 2002 et 2004. 

Le 1er juin, le leader du Front démocratique du peuple centrafricain (FDPC), le rebelle Abdoulaye Miskine (de son vrai nom Martin Koumtamadji), a été auditionné par un juge d’instruction. Le Centrafricain et ses trois co-accusés, soupçonnés de viols et de participation à un mouvement insurrectionnel en Centrafrique entre 2002 et 2004, sont aujourd’hui détenus à la maison d’arrêt de N’Djamena.

L’ancien général et ses trois complices présumés ont été déférés devant le procureur de la République le 29 mai, date à laquelle ils ont été transférés à la maison d’arrêt et ont pu rencontrer pour la première fois leurs avocats. Ils étaient auparavant incarcérés à l’Agence nationale de sécurité (ANS), où ils avaient été amenés en novembre 2019.

Sept mois au secret à l’ANS

Abdoulaye Miskine, ancien général rebelle de la Séléka et signataire de l’accord de paix de Khartoum en février 2019, était entré en rébellion ouverte contre le président centrafricain Faustin Archange Touadéra (FAT) au cours de l’année, se réfugiant avec ses troupes dans la forêt d’Amdafock, à la frontière soudanaise.

Visé par un mandat d’arrêt centrafricain depuis le 26 août 2019, il avait ensuite été aperçu au Soudan, avant de chercher un abri au Tchad en octobre, où il affirmait solliciter la médiation d’Idriss Déby Itno dans son conflit avec FAT. Il a finalement été arrêté à la frontière tchado-centrafricaine puis transféré à l’ANS, à N’Djamena, où il n’a pas reçu de visites de ses avocats en sept mois.

Miskine espère une liberté provisoire

La Centrafrique avait demandé l’extradition de l’ancien chef de la garde présidentielle d’Ange-Félix Patassé – envoyant même une mission spéciale à N’Djamena le 28 novembre 2019 –, mais sans succès. Le Tchad a en effet estimé pouvoir juger le rebelle pour des faits commis sur le sol centrafricain, comme l’y autorisent notamment les textes de la Cemac.

Me Max Loalngar, avocat de Miskine et président de la Ligue tchadienne des droits de l’homme, avait rencontré dans la foulée le ministre de la Justice tchadien pour le convaincre de ne pas autoriser l’extradition. Il avait ensuite réclamé un droit de visite au procureur de la République, sans l’obtenir.

En attendant la poursuite de l’instruction – dans laquelle une association tchadienne de victimes s’est portée partie civile –, Max Loalngar espère aujourd’hui obtenir la remise en liberté provisoire et le suivi médical de Miskine. Le général rebelle souffrirait, selon son avocat, de plusieurs problèmes de santé.

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