Politique

Mali : le mouvement de contestation rejette l’option d’un gouvernement d’union nationale

| Par Jeune Afrique avec AFP
Une manifestation réclamant le départ du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 5 juin 2020 à Bamako.

Une manifestation réclamant le départ du président malien Ibrahim Boubacar Keïta, le 5 juin 2020 à Bamako. © Baba Ahmed/AP/SIPA

Les dirigeants de la contestation en cours contre le président malien Ibrahim Boubacar Keïta ont rejeté samedi soir les pistes proposées par des médiateurs ouest-africains pour sortir le pays de la crise et réitéré leur demande de voir le chef de l’État démissionner.

« Dans les circonstances actuelles, aucun gouvernement, même “d’union nationale”, dont le M5-RFP n’est ni demandeur, ni preneur, ne saurait résoudre les problèmes du Mali », a affirmé dans un communiqué le mouvement contestataire, qui prône une « refondation » aux contours flous du Mali.

« Aussi, le M5-RFP réitère sa demande de démission du Président Ibrahim Boubacar Keïta et (de) son régime », selon le communiqué.

À l’appel du « Mouvement du 5 juin » (M5-RFP), coalition hétéroclite dont la figure emblématique est l’influent imam Mahmoud Dicko, des dizaines de milliers de personnes ont manifesté vendredi à Bamako pour réclamer le départ immédiat du chef de l’État, au pouvoir depuis 2013.

Médiation de la Cedeao

Au soir de cette manifestation, les chefs de la diplomatie du Niger, du Nigeria et de la Côte d’Ivoire, en mission de bons offices au Mali au nom de la Cedeao, ont évoqué la « nécessité » de mettre en place un « gouvernement consensuel d’union nationale », une option à laquelle le président Keïta a récemment ouvert la voie.

Ils prônaient également l’organisation d’élections législatives partielles dans des circonscriptions où une intervention de la Cour constitutionnelle a été favorable au camp présidentiel, ce qui avait suscité la colère de l’opposition. Leurs efforts de médiation ont reçu samedi le « plein soutien » du secrétaire général de l’ONU, António Guterres.

Samedi soir, le M5-RFP a estimé que les envoyés de la Cedeao n’avaient tenu « aucunement compte de la source de tous les maux et de toutes les crises du Mali, à savoir la mauvaise gouvernance, la corruption et la violation des principes républicains et démocratiques dont le Président Ibrahim Boubacar Keïta est le seul et unique responsable ».

Il dénonce également la « totale illégalité » d’éventuelles élections partielles et souligne sa « détermination à mettre en oeuvre tous les moyens légaux et légitimes » pour obtenir le départ du président, « qui seul peut aujourd’hui sauver le Mali ».

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