Politique

Maroc : Mustapha Ramid, l’homme par qui le scandale arrive au PJD ?

| Par Jeune Afrique
Mis à jour le 18 juin 2020 à 23h29
Le ministre d’État chargé des Droits de l’homme, Mustapha Ramid.

Le ministre d’État chargé des Droits de l’homme, Mustapha Ramid. © Paul Schemm/AP/Sipa

Ministre d’État en charge des droits de l’Homme, le numéro 2 du gouvernement El Othmani est soupçonné de ne pas avoir déclaré sa collaboratrice à la sécurité sociale. Des voix s’élèvent déjà pour réclamer sa démission.

C’est un habitué des réseaux sociaux, sur lesquels il réagit au quart de tour. Un familier des saillies homophobes et francophobes, des positions ultra-conservatrices en matière de mœurs et de religion, ainsi que des prises de parole tonitruantes au Parlement de Rabat.

Mais cette fois, Mustapha Ramid, 61 ans, ministre d’État chargé des droits de l’Homme après avoir détenu le portefeuille de la Justice — il siège au gouvernement depuis plus de huit ans –, se tait.

Une affaire embarrassante

Il est vrai que l’affaire qui touche ce dirigeant influent du Parti de la Justice et du Développement (PJD, islamiste) est embarrassante. Avant d’être ministre, ce licencié en droit inscrit au barreau de Casablanca possédait dans cette ville un cabinet d’avocats (aujourd’hui tenu par sa fille) et bénéficiait des services d’une fidèle assistante, Jamila Bachar, à ses côtés depuis deux décennies.

Son assistante n’a jamais bénéficié d’une couverture maladie, son patron Me Mustapha Ramid ayant négligé de la déclarer auprès de la CNSS

Le 10 juin, Mme Bachar décède et le 15 juin est diffusé sur les réseaux sociaux un enregistrement dans lequel une voix anonyme mais manifestement informée fait l’éloge de la défunte, avant de préciser qu’elle n’a jamais bénéficié d’une couverture maladie, son patron Me Mustapha Ramid ayant négligé de la déclarer auprès de la Caisse nationale de sécurité sociale (CNSS).

Le site d’investigation arabophone barlamane.com, déjà en litige avec le ministre — qui a par le passé déposé plainte à deux reprises contre lui –, se saisit de l’affaire et affirme qu’après enquête, il s’avère effectivement qu’aucune personne répondant au nom de Jamila Bachar ne figure dans la base de données des affiliés à la CNSS.

Rebondissement

Nouveau rebondissement le 16 juin : une vidéo apparaît sur les réseaux sociaux, dans laquelle des membres de la famille de la défunte prennent la défense de Mustapha Ramid, en soulignant à quel point ce dernier était aux petits soins pour son assistante, laquelle bénéficiait de sa confiance et de sa considération.

Pour se débarrasser de tout soupçon, la publication d’une copie de la carte de sécurité sociale de Jamila Bachar ou de son numéro d’affiliation aurait été plus convaincante

Le ministre aurait-il inspiré cette plaidoirie ? Ses détracteurs le pensent, qui ajoutent que pour se débarrasser de tout soupçon, la publication d’une copie de la carte de sécurité sociale de Jamila Bachar ou de son numéro d’affiliation aurait été nettement plus convaincante.

Poids lourd du PJD et du gouvernement, proche du Premier ministre Saâdeddine El Othmani, cet ancien militant clandestin de la Chabiba islamiya d’Abdelkrim Moutiî dans les années 1970 s’est fait beaucoup d’adversaires au cours de sa carrière politique. Nul doute, alors que des voix réclament déjà sa démission, qu’ils ne le lâcheront pas. À moins qu’il se décide enfin à parler.

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