Agroalimentaire

La Côte d’Ivoire veut booster la transformation de caoutchouc d’ici à 2023

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Mis à jour le 17 juin 2020 à 15h37
Récolte du latex dans le village d’Allokoi, à 5 km d’Abidjan, en Côte d'Ivoire.

Récolte du latex dans le village d’Allokoi, à 5 km d’Abidjan, en Côte d'Ivoire. © Olivier/JA

Le gouvernement ivoirien a conclu le 16 juin un accord avec douze entreprises du secteur de l’hévéa pour accroître la transformation locale de caoutchouc.

Des ajustements fiscaux et des exonérations en échange d’une augmentation des capacités de transformation : c’est le principe de l’accord conclu, le 16 juin, à la Primature, en présence de Hamed Bakayoko Premier ministre par intérim, entre le gouvernement ivoirien et douze entreprises du secteur de l’hévéa, – emmenées par SAPH, filiale du groupe Sifca et numéro un du secteur. D’ici à 2023, les industriels ont prévu d’investir 56,5 milliards F CFA (86 millions d’euros) pour développer leurs capacités de production et pouvoir transformer 460 000 tonnes supplémentaires d’ici à 2023.

Si l’accord est général, les conventions seront spécifiques à chacune des douze entreprises », a précisé le ministre du Commerce et de l’Industrie, Souleymane Diarrassouba, alors que les opérateurs du secteur ont transformé en 2019 519 000 tonnes sur une production de 780 000 tonnes de caoutchouc sec. Ce boost de la transformation va de pair avec l’augmentation de la production d’hévéa, qui doit tripler en trois ans pour atteindre 2 millions de tonnes en 2023.

Baisse drastique des exportations

Mais si elle se développe, la filière ivoirienne du caoutchouc se trouve confrontée à d’énormes difficultés, que ce coup de pouce gouvernemental doit contribuer à juguler, a poursuivi le ministre. La crise mondiale liée à la pandémie de Covid-19 a en effet fait drastiquement chuter les exportations ivoiriens de caoutchouc, notamment du fait de la baisse des importations chinoises et de l’annulation des commandes des industriels de la pneumatique.

Pour se renforcer, les industriels du secteur, fragilisés par la concurrence des offres vietnamiennes, thaïlandaises et indonésiennes, cherchent en outre à renégocier la fiscalité à laquelle ils sont soumis. Mise en place à une époque d’embellie des cours mondiaux, au début des années 2010, celle-ci n’a pas été réajustée lorsque le contexte est devenu moins favorable, et elle pèse de plus en plus sur les initiatives du secteur.

Pour gérer ces difficultés récurrentes, l’État a créé en 2017 une nouvelle autorité de gestion de filière, le Conseil palmier. En son sein, les industriels plaident désormais pour l’annulation dès l’an prochain de la taxe de 5 % sur le chiffre d’affaires du caoutchouc granulé.

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