Mines

Kinross et la Mauritanie s’accordent enfin sur l’or de Tasiast

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Mis à jour le 17 juin 2020 à 10h38
La mine de Tasiast, à 300 km au nord de Nouakchott, produit 6 à 7 tonnes d’or par an. Une production qui pourrait à court terme tripler.

La mine de Tasiast, à 300 km au nord de Nouakchott, produit 6 à 7 tonnes d’or par an. Une production qui pourrait à court terme tripler. © Kinross

Le changement à la tête de l’État, l’intermédiation d’acteurs financiers majeurs et des concessions importantes faites par le groupe minier Kinross ont permis aux deux parties de trouver un terrain d’entente.

Le ministre mauritanien du Pétrole, des Mines et de l’Énergie, Mohamed Abdel Vetah, et le directeur général de la société Kinross, J. Paul Rollinson, ont signé le 15 juin une lettre d’intention destinée à modifier un contrat datant de 2006 et à ouvrir « la voie à une collaboration renforcée et à l’intensification des investissements de Kinross en Mauritanie », selon le communiqué de l’entreprise aurifère.

Cet accord, que recherchait depuis longtemps Kinross pour développer sa mine d’or de Tasiast et en finir avec ses déficits, a été rendu possible par le changement de chef d’État, Mohamed Ould Ghazouani se montrant plus conciliant que son prédécesseur Mohamed Ould Abdel Aziz. Il a également été facilité par l’intervention de la Banque mondiale dont l’une des filiales, la Société financière internationale (IFC), participe aux côtés d’Exportation et développement Canada (EDC) et des banques ING et Société générale, à l’investissement de 300 millions de dollars pour l’extension de la mine de Tasiast. La Banque mondiale avait demandé en décembre 2019 des explications à Nouakchott sur le blocage de cette extension.

Nouvelle méthode de calcul

La Mauritanie obtient satisfaction sur plusieurs points. Une nouvelle méthode de calcul de la redevance basée sur le prix de l’or fait passer celle-ci de 3 % à 6 % au prix actuel (1 725 dollars l’once, le 16 juin), mais atteindra un plafond de 6,5 % si le cours dépasse le seuil de 1 800 dollars l’once. L’État obtient gratuitement 15 % de la nouvelle mine de Tasiast Sud, avec une option d’achat de 10 % supplémentaires.

Le minier s’engage à renforcer le contenu local de l’approvisionnement et à « mauritaniser» le personnel

Le gouvernement nommera deux observateurs au conseil d’administration de Tasiast Mauritanie Limited S.A. (TMLSA), filiale à 100 % de Kinross, et nommera aussi un administrateur et un observateur au sein du conseil d’administration de la société qui opérera Tasiast Sud. TMLSA est le premier employeur privé de Mauritanie.

Enfin, Kinross s’engage à faire des efforts supplémentaires dans deux domaines : un contenu local renforcé pour l’approvisionnement de la mine (aujourd’hui, 235 fournisseurs et prestataires de TMLSA sont mauritaniens) et une « mauritanisation » accrue du personnel (95 % de ses salariés sont des nationaux).

De son côté, Kinross obtient une licence d’exploitation de trente ans pour Tasiast Sud qui conforte son projet de porter de 12 000 à 24 000 tonnes de minerai aurifère par jour (projet 24 k) la capacité de son usine de traitement sur le site. Cette extension laisse espérer à terme au moins un doublement de la production de 391 017 onces d’or réalisée en 2019. Elle repousserait l’épuisement du gisement actuel, jusque-là prévu en 2033, et rendrait la mine enfin rentable.

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