Diplomatie

Fin de la brouille entre Alger et Paris

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Mis à jour le 16 juin 2020 à 13h56
Le président Emmanuel Macron lors de la conférence de presse donnée à Alger le 6 décembre 2017.

Le président Emmanuel Macron lors de la conférence de presse donnée à Alger le 6 décembre 2017. © CHINE NOUVELLE/SIPA

Dix-sept jours à peine après avoir été rappelé à Alger, l’ambassadeur d’Algérie en France, Salah Lebdioui, a regagné son poste à Paris. Une décision qui marque la fin de l’incident diplomatique entre les deux pays.

Ce n’était donc qu’un orage d’été. L’ambassadeur d’Algérie en France, Salah Lebdioui, a regagné son poste dix-sept jours à peine après avoir été rappelé à Alger pour consultations. Le diplomate algérien est arrivé samedi 13 mai à bord d’un avion spécial qui a atterri à l’aéroport du Bourget. Dans l’immédiat, ni la présidence algérienne ni le ministère de la Communication n’étaient joignables pour commenter la reprises des activités du diplomate.

Salah Lebdioui avait quitté Paris jeudi 28 mai, toujours à bord d’un avion spécial, au lendemain d’un coup de colère des autorités algériennes après la diffusion de deux documentaires sur le Hirak, « Algérie, mon amour » sur France 5 et « Algérie, la révolution jusqu’au bout ? » sur la chaîne LCP.

Le retour de l’ambassadeur, en fonction depuis novembre 2009, signe la fin de cette brouille passagère entre l’Algérie et la France.

Les deux chefs d’État ont convenu d’« œuvrer à une relation sereine et à une relance ambitieuse de la coopération bilatérale »

L’échange téléphonique du mardi 2 juin, entre le président français Emmanuel Macron et son homologue algérien Abdelmadjid Tebboune, était le signe précurseur au rappel de Salah Lebdioui. En langage diplomatique et avec des mots policés, les deux chefs d’État ont convenu d’« œuvrer à une relation sereine et à une relance ambitieuse de la coopération bilatérale dans tous les domaines ».

Une entente presque parfaite

Au cours d’un entretien diffusé par la télévision algérienne jeudi 12 juin, veille du retour de l’ambassadeur, Tebboune confiait entretenir une entente presque parfaite avec Macron, tout en s’en prenant à des lobbys non identifiés qui, selon lui, « cherchent à allumer le feu » entre les deux pays.

Ce rappel immédiat de l’ambassadeur Lebdioui a été précédé d’une vive réaction de la part du gouvernement algérien qui s’insurgeait contre ces deux programmes, diffusés sur les chaines publiques françaises, à travers lesquels « le peuple algérien et ses institutions ont été attaqués ».

Cette décision de rappeler son diplomate à Paris — une première depuis l’épisode de février 1995 où l’ambassadeur Hocine Djoudi avait été rappelé pour quelques semaines –, a été précédée par la convocation en mars dernier du représentant de la France à Alger, Xavier Driencourt, au ministère des Affaires étrangères. Là encore, les autorités entendaient protester contre des propos jugés hostiles tenus sur la chaîne française France 24.

En poste depuis avril 2017, Xavier Driencourt quittera ses fonctions au mois de juillet prochain pour partir à la retraite. Le choix de son successeur sera tranché dans les prochains jours, dans le cadre d’un vaste mouvement diplomatique en préparation à l’Élysée. Le nom de François Gouyette, fin connaisseur du monde arabe, actuellement en poste en Arabie saoudite, revient avec insistance.

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