Diplomatie

Coronavirus : le Maroc à la rescousse de l’Afrique

| Par - à Casablanca
Mis à jour le 15 juin 2020 à 17h55
Acheminement d’aides médicales à plusieurs pays africains afin de les accompagner dans leurs efforts de lutte contre le Covid-19.

Acheminement d’aides médicales à plusieurs pays africains afin de les accompagner dans leurs efforts de lutte contre le Covid-19. © MAP

Les avions de la Royal Air Maroc (RAM) se sont remis à sillonner le ciel africain. Cette semaine, ils acheminent une importante aide médicale à une quinzaine de pays du continent. Les détails.

Huit millions de masques, 900 000 visières, 600 000 charlottes, 60 000 blouses, 30 000 litres de gel hydroalcoolique, ainsi que 75 000 boîtes de chloroquine et 15 000 boîtes d’azithromycine… Sur le tarmac de l’aéroport Mohammed V, c’est un ballet de chargement d’avions en palettes remplies de médicaments et de matériel de prévention made in Morocco. Une aide destinée à une quinzaine de pays d’Afrique subsaharienne.

Le roi Mohammed VI a donné ses « hautes instructions pour l’acheminement d’aides médicales à plusieurs pays africains frères. Cette aide vise à fournir du matériel médical préventif, afin d’accompagner les pays africains frères dans leurs efforts de lutte contre la pandémie du Covid-19 », a annoncé le ministère des Affaires étrangères.

Démarrées le dimanche 14 juin (à destination de la Mauritanie, du Sénégal et du Niger), ces expéditions devraient se poursuivre dans les prochains jours. « Huit appareils de la Royal Air Maroc (RAM) sont mobilisés pour effectuer une trentaine de vols vers ces pays », nous confie une source proche du dossier.

Des vols étaient d’ailleurs programmés ce 15 juin à destination du Tchad, du Burkina Faso, de la Guinée et la Guinée-Bissau. Entre mardi et mercredi, les aides seront livrées au Cameroun, au Congo, à la République démocratique du Congo (RDC), à la Tanzanie, au Malawi et aux Comores. Enfin, viendra le tour de la Zambie et Eswatini, le 18 juin.

Générosité et spontanéité

« Le roi est très au fait de l’évolution de la pandémie sur le continent et conscient des besoins des pays africains pour y faire face. Il a répondu favorablement aux demandes qui lui ont été formulées directement par des chefs d’États, comme Macky Sall ou Denis Sassou-Nguesso, nous explique une source proche des Affaires étrangères. Mais certains des pays concernés par cette aide n’ont pas eu d’ailleurs à la demander ouvertement. Le Maroc a tenu à leur exprimer sa solidarité de manière spontanée. » Par exemple, le Cameroun, ou encore la Mauritanie, dont les dirigeants ont été ravis de voir un don providentiel atterrir à Nouakchott. « L’envoi de cette aide intervient au moment opportun », a déclaré le ministre des Affaires étrangères mauritanien, Mohamed Ould Cheikh.

Depuis le 13 avril, Mohammed VI a lancé une initiative pour une solidarité africaine face à la pandémie. « Plutôt que de multiplier les visioconférences de plaidoyer et d’annonces, le souverain a insisté sur la nécessité d’une démarche pragmatique, orientée vers l’action et le partage d’expériences, poursuit notre source. C’est bien ce qui est exprimé aujourd’hui à travers ces aides en matériel produit intégralement au royaume. »

D’autant plus que le Maroc, malgré ses moyens limités s’est montré nettement plus généreux que des puissances mondiales ou régionales. La Chine a par exemple fait don de six millions de masques aux 54 États africains, alors le Maroc en offre huit millions, soit près de 550 000 masques en moyenne pour chacun des 15 pays. Autre baromètre : le don très médiatisé par l’Égypte de 40 000 masques au Tchad.

Cette opération, qui devrait s’achever avant la fin de la semaine, devrait être reconduite avec d’autres pays. « Une deuxième phase est à l’étude, confie notre source. Elle consiste à mettre à la disposition de la Commission de l’Union africaine du matériel et des médicaments pour ses propres fonctionnaires, tout en poursuivant les expéditions vers d’autres pays comme la Côte d’Ivoire et l’Angola ». Ce dernier pays, tout comme la Tanzanie, continuent pourtant de reconnaître la République arabe sahraouie démocratique (RASD) et donnent parfois du fil à retordre à la diplomatie chérifienne. Mais quand il s’agit de contribuer à sauver des vies, le royaume ne se montre pas sectaire.

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