Politique

Décès de Pierre Lumbi en RDC : hommage unanime de la classe politique au « stratège »

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Pierre Lumbi, lors d'une conférence de presse de Ensemble, en juin 2018.

Pierre Lumbi, lors d'une conférence de presse de Ensemble, en juin 2018. © DR / Ensemble pour la République

Pierre Lumbi, décédé le 14 juin à Kinshasa, aura occupé un rôle central sur la scène politique de son pays. Personnage clé du dispositif de Moïse Katumbi, il fut également directeur de campagne de Martin Fayulu lors de la présidentielle de décembre 2018, après avoir été le conseiller de Joseph Kabila et collaborateur d’Étienne Tshisekedi.

Sénateur, secrétaire général d’Ensemble pour la République de Moïse Katumbi, Pierre Lumbi s’est éteint le 14 juin à Kinshasa, a annoncé l’ancien député Francis Kalombo, dimanche soir. Pierre Lumbi, touché par le coronavirus, avait été hospitalisé il y a plusieurs jours.

Les hommages, unanimes, saluent la mémoire d’un homme de conviction, qui aura marqué de son empreinte la vie politique de son pays. Conseiller spécial en matière de sécurité de Joseph Kabila, avant de passer à l’opposition en 2016, il fut aussi collaborateur d’Étienne Tshisekedi, directeur de campagne de Martin Fayulu, et, enfin, secrétaire général du parti de Moïse Katumbi… Pierre Lumbi, plusieurs fois ministre, connaissait en effet bien les arcanes du pouvoir et ses hommes les plus influents.

« Un grand frère, un ami, un sage »

Aujourd’hui, c’est l’ensemble de la classe politique et de la société civile qui lui rend hommage. « Nous perdons plus qu’un secrétaire général. Nous perdons un grand frère, un ami, un sage », regrette ainsi Moïse Katumbi dans un texte diffusé sur les réseaux sociaux. « De la solidarité paysanne jusqu’à la lutte pour l’alternance démocratique, tu as été de tous les combats », poursuit l’opposant dans son hommage à celui qu’il qualifie de « véritable stratège ».

Néhémie Mwilanya, coordonnateur du Front commun pour le Congo de Joseph Kabila, s’est dit « consterné » par la disparition de Pierre Lumbi, adressant ses condoléances « à la famille biologique et politique » du défunt. « Consterné » par l’annonce du décès, également, Jean-Pierre Bemba, président du Mouvement de libération du Congo (MLC), qui dit garder de Lumbi, « le souvenir d’un homme engagé et épris de voir un Congo nouveau. »

« Nous avons milité ensemble à l’époque de la Conférence nationale souveraine il y a 30 ans… Je garde en mémoire son sérieux, la finesse de ses analyses et son sens de l’organisation », a pour sa part écrit sur Twitter Martin Fayulu. Un épisode qu’a également souligné Vital Kamerhe qui, depuis sa cellule de la prison de Makala, a voulu saluer « le rôle important qu’il avait joué dans l’organisation de la marche des chrétiens du 16 février 1992, et dans le déblocage de la  Conférence nationale souveraine ».

La société civile n’est pas en reste. « Pierre Lumbi était un pionniers de la lutte post-independance pour la liberté, la démocratie et la dignité. Sans être parfait, il avait néanmoins le courage de ses convictions », salut notamment le mouvement citoyen Lutte pour le changement (Lucha). Georges Kapiamba, coordinateur de l’Association congolaise pour l’accès à la justice (ACAJ), évoque un « vaillant combattant de l’Etat de Droit démocratique qui a inspiré beucoup de jeunes ». « Je garde de bons souvenirs d’échanges fructueux avec lui », a pour sa part réagit Ida Sawyer, de Human Rights Watch.

De Kabila à Katumbi

Personnage-clé du dispositif électoral de l’ex-gouverneur du Katanga, Pierre Lumbi, ancien membre influent de la société civile, avait fait ses preuves sur le terrain électoral avec le Mouvement Social pour le Renouveau (MSR).

Il a un temps été proche de l’ancien président Joseph Kabila, dont il a notamment été le conseiller sécurité. Il a alors été parmi les principaux acteurs du rapprochement économique entre Kinshasa et Pékin, qui a notamment abouti au lancement des « Cinq chantiers » pendant le dernier mandat de Kabila.

En 2016, Pierre Lumbi claque la porte de la majorité présidentielle et rejoint la fronde du « G7 », qui se forme autour de Moïse Katumbi pour s’opposer à un troisième mandat de Kabila. En mars 2017, un mois après le décès d’Étienne Tshisekedi, il devient président du Conseil des sages de la plateforme du Rassemblement, la plateforme de l’opposition que le père de l’actuel chef de l’Etat dirigeait jusque-là. Félix Tshisekedi, lui, en devient le président.

Rallié par la suite à Moïse Katumbi, empêché de se présenter à la présidentielle, il rejoindra l’équipe de campagne de Martin Fayulu, avant de reprendre une place centrale au sein du dispositif de l’ancien gouverneur du Katanga.

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