Politique

Algérie : trois militants de la contestation incarcérés

| Par Jeune Afrique avec AFP
Mis à jour le 13 juin 2020 à 17h47
Des Algériens manifestent contre le gouvernement à Alger, le 3 janvier 2020.

Des Algériens manifestent contre le gouvernement à Alger, le 3 janvier 2020. © Fateh Guidoum/AP/Sipa

Trois militants du « Hirak » ont été placées samedi sous mandat de dépôt par le juge d’instruction du tribunal de Béjaïa dans le Nord-Est.

Merzoug Touati, Yanis Adjila et Amar Beri ont été présentés samedi en comparution directe au tribunal de Béjaïa, grande ville de Kabylie, a affirmé Kaci Tansaout, le porte-parole du Comité national pour la libération des détenus (CNLD).

« Ils ont été placés sous mandat de dépôt et le procès est prévu le 17 juin », selon Kaci Tansaout.

Ils sont accusés d’ »incitation à attroupement non armé », « publication pouvant porter atteinte à l’intérêt national » et « mise en danger de la vie d’autrui durant la période du confinement ».

Amar Beri est également poursuivi pour « atteinte à la personne du président de la République » et « outrage à corps constitué ».

Soutien aux détenus

Ils font partie d’une vingtaine de personnes arrêtées vendredi lors d’une tentative de rassemblement pour soutenir les détenus du mouvement de protestation populaire. La plupart avaient été relâchés dans la soirée mais les trois hommes avaient été maintenus en garde à vue.

Militant connu du mouvement contestataire, ancien détenu, Merzoug Touati est un blogueur et journaliste du média de gauche L’Avant-Garde Algérie, un site en ligne bloqué dans ce pays. Yanis Adjila est un militant des droits de l’Homme. Amar Beri est un militant du Hirak.

Quatre autres personnes venues les soutenir devant le tribunal de Béjaïa ont été interpellées samedi et conduites au commissariat central de la ville, selon Kaci Tansaout.

« Répression en ces temps de pandémie »

La Ligue algérienne de défense des droits de l’Homme (LADDH) a demandé samedi « leur libération et l’abandon de toutes les poursuites à leurs encontre ».

La LADDH a également réitéré sa demande de « libération de l’ensemble des détenus d’opinion, l’ouverture des champs politique et médiatique et l’arrêt de la répression en ces temps de pandémie ».

Toute forme de rassemblement –politique, religieux, culturel ou sportif– est strictement interdite depuis mi-mars en Algérie en raison de la pandémie du nouveau coronavirus.

Ce qui n’a pas empêché des mobilisations sporadiques de reprendre ces dernières semaines dans tout le pays, notamment en Kabylie, relayées par les réseaux sociaux.

Ces manifestations réclament l’arrêt des poursuites judiciaires et la libération des militants de la contestation.

Selon le dernier bilan du CNLD, une soixantaine de détenus d’opinion sont actuellement incarcérés, la plupart pour des publications sur Facebook.

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