Politique

RDC : Félix Tshisekedi obtient le report de l’élection du remplaçant de Kabund

Réservé aux abonnés | | Par - à Kinshasa
Jean-Marc Kabund-a-Kabund, lors d'une visite des chantiers des "sauts-de-mloutons", à Kinshasa, le 7 février 2020.

Jean-Marc Kabund-a-Kabund, lors d'une visite des chantiers des "sauts-de-mloutons", à Kinshasa, le 7 février 2020. © DR / Cellule communication de l'UDPS

Le président congolais a obtenu in extremis le report de l’élection du nouveau vice-président de l’Assemblée nationale, dans un contexte de bras de fer entre les députés et la justice.

Des policiers déployés par dizaines et toutes les entrées du Palais du peuple bloquées pour que les députés congolais ne puissent pas se réunir… C’est une scène surréaliste à laquelle les Kinois ont assisté dans l’après-midi de ce vendredi 12 juin. Quelques heures plus tôt, le procureur général près le conseil d’État, Octave Tela Ziele, avait ordonné à la police nationale d’empêcher la tenue de l’élection du premier vice-président de l’Assemblée nationale – scrutin visant à trouver un remplaçant à Jean-Marc Kabund-a-Kabund, le président par intérim de l’Union pour la démocratie et le progrès social (UDPS) destitué fin mai.

Motif invoqué par le Ministère public : la Cour constitutionnelle, saisie par Kabund qui conteste la légalité de son éviction, doit rendre sa décision définitive avant que la nouvelle élection ne soit organisée.

« Le Parlement est inviolable »

Cette décision a provoqué de vives réactions du côté des élus congolais. « Le Parlement est inviolable », a déploré Lambert Mende, député du Front commun pour le Congo (FCC, la coalition de Joseph Kabila). « L’ordre donné par le parquet est illégal », a insisté pour sa part Boniface Balamage, deuxième vice-président de l’Assemblée nationale. Certains députés ont même évoqué la possibilité de délocaliser la plénière pour élire le successeur de Kabund.

La présidente de la chambre basse, Jeanine Mabunda, a d’abord tenté de négocier en faveur de la tenue de l’élection, puis elle a fait marche arrière après avoir rencontré le président Félix Tshisekedi à la cité de l’Union africaine. Elle a fini par annoncer le report du scrutin à une date ultérieure en attendant la décision de la Cour constitutionnelle.

Elle a déclaré suivre les conseils du chef de l’État, qui « appelle chaque institution à faire son travail, sans empiéter sur celui des autres ». Selon Jeanine Mabunda, le chambre basse du Parlement va ainsi continuer à chercher un successeur à Kabund tandis que la justice va poursuivre son instruction.

L’UDPS est elle-même profondément divisée sur le sort à réserver à son président intérimaire. Pour preuve : le 8 juin, à l’issue des tractations dans lesquelles Félix Tshisekedi s’est personnellement impliqué, la députée Patricia Nseya, élue de Likasi, dans la province du Haut-Katanga, avait été désignée par le parti pour remplacer Kabund au poste de premier vice-président.

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