Entreprises & marchés

Au Gabon, le marocain Cimaf se prépare au choc Dangote Cement

Réservé aux abonnés | | Par - à Yaoundé
Usine de production de Ciments de l'Afrique (Cimaf) au Gabon.

Usine de production de Ciments de l'Afrique (Cimaf) au Gabon. © Cimaf Gabon

Le cimentier fondé par Anas Sefrioui sort le chéquier et booste ses capacités, alors que l’arrivée à Libreville du groupe Dangote est désormais imminente.

Ciments de l’Afrique (Cimaf) Gabon vient d’achever la mise en place d’une seconde ligne de broyage, d’une capacité de 350 000 tonnes, dans sa cimenterie d’Owendo, dans la banlieue de Libreville. La filiale du marocain Ciments de l’Atlas, fondé par Anas Sefrioui – par ailleurs PDG du groupe immobilier Addoha -, a déboursé 9 milliards de F CFA (13,7 millions d’euros) pour cette chaîne de production qui sera inaugurée à la fin du mois de juin.

En parallèle, Cimaf Gabon piloté par Salim Kaddouri, directeur général régional (Gabon et Congo), investit 100 millions d’euros pour construire une unité de traitement de clinker, à Ntoum, située à 40 km à l’est de Libreville. Au total, le cimentier vise une production annuelle de quelque 850 000 tonnes grâce à ces nouveaux investissements.

Cette série d’investissements intervient plus de deux ans après que le gouvernement gabonais a permis au groupe marocain de se consolider dans le pays. En juillet 2017, Libreville suspendait en effet pour deux ans, les importations de ciment. Installé au Gabon depuis 2013, Cimaf dispose d’une situation de monopole de fait dans le pays, via deux implantations Cimaf CIMGabon et Cimaf Gabon.

Surcapacité du marché gabonais

Cimaf Gabon assoit son emprise sur le marché peu de temps après que le groupe Dangote a confirmé son intention de s’implanter au Gabon. Après avoir longtemps fait part de son intention, le géant nigérian a décidé de passer à l’acte. En février, il a ainsi annoncé un investissement imminent de 45 milliards de F CFA pour la construction d’une unité de broyage à Owendo, d’une capacité d’un million de tonnes. Cette unité devait être opérationnelle au premier trimestre de 2021.

Cette entrée va certainement accentuer la surcapacité du marché gabonais. Le potentiel actuel de Cimaf, qui intègre les actifs d’Owendo et de Franceville de CIMGabon racheté en 2013 au norvégien Heidelberg, est estimé à un million de tonnes, auquel s’ajoutent les 200 000 tonnes d’Africa Cement & Steel Gabon, installé dans la zone économique spéciale de Nkok. Ces deux acteurs ont produit 538 729 tonnes en 2019, en hausse de 10,6 % par rapport à 2018, et réalisé un chiffre d’affaires de 39,6 milliards de F CFA (+9,7 %).

La demande locale n’est que de 600 000 tonnes annuelles. Traditionnellement, le Congo et la Guinée équatoriale constituent des débouchés pour le ciment gabonais.

Jeune Afrique Digital

L'abonnement 100% numérique

consultable sur smartphone, PC et tablette

JA3093_600b devices

Profitez de tous nos contenus
exclusifs en illimité !

Inclus, le dernier numéro spécial de Jeune Afrique

Abonnez-vous à partir de 1€

Abonné(e) au journal papier ?

Activez votre compte
Fermer

Je me connecte