Culture

Spectacle : « Kirina », un combat d’aujourd’hui

Neuf danseurs, six musiciens, un parolier et quarante figurants ont été mobilisés pour narrer cette épopée. © Philippe magoni

Le chorégraphe Serge Aimé Coulibaly s’est entouré de Felwine Sarr et Rokia Traoré pour évoquer la bataille fondatrice de l’empire du Mali… et l’Afrique actuelle.

C’est une bataille que les griots racontent depuis près de huit cents ans. Un moment épique qui marque la création de l’empire du Mali. Et le nom de la dernière création du Burkinabè Serge Aimé Coulibaly : Kirina. Pour ce spectacle généreux, présenté pour la première fois au festival de Marseille, le 29 juin dernier, le chorégraphe a rassemblé un casting impressionnant : Rokia Traoré (à la création musicale), Felwine Sarr (pour le livret), neuf danseurs, six musiciens, un parolier et quarante figurants !

Jan Goossens, directeur du festival, promettait un « Austerlitz africain du XIIIe siècle »… mais ceux qui s’attendaient à une retranscription scolaire de la bataille qui opposa, en 1235, l’armée du terrible roi sosso Soumaoro Kanté et les troupes rassemblées par Soundjata Keïta, en ont été pour leurs frais. On pouvait se douter qu’après Nuit blanche à Ouagadougou, spectacle prémonitoire sur la révolte burkinabè, et Kalakuta Republik, création autour de la vie du sulfureux Fela, Serge Aimé Coulibaly continuerait dans une voie très politique, très poétique et très actuelle. Voici donc un spectacle tout en allusions et métaphores, qui parle autant des drames et des héros d’hier que de ceux d’aujourd’hui, et qui est amené à beaucoup tourner en Europe et en Afrique.

L’Afrique de l’Ouest, d’où partent beaucoup de migrants, a eu une grande histoire. Et la bataille de Kirina, fondatrice de l’empire malien, permettait de l’évoquer

Jeune Afrique : Comment vous est venue l’envie de travailler autour de la bataille de Kirina ?

Serge Aimé Coulibaly : C’était il y a trois ans environ. On parlait déjà des migrants, de masses humaines en marche venues de Syrie, d’Irak… Je me faisais la réflexion que ces pays, avant de sombrer, ont abrité de grandes civilisations (NDLR : sumérienne, assyrienne, akkadienne, arabo-musulmane…) culturelles, économiques, qu’elles ont fait avancer le monde. L’Afrique de l’Ouest, d’où partent aussi beaucoup de migrants, a également eu une grande histoire. Et la bataille de Kirina, fondatrice de l’empire malien, permettait de l’évoquer.

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