Société

[Chronique] Schizophrénie à la tunisienne

« Vous voulez me forcer à être un homme ? Cours toujours ! » proteste une manifestante. © Fauque Nicolas/Images de Tunisie/ABACA

De Hammamet, où je me trouve comme chaque été, je regarde la Tunisie et constate que, depuis la révolution, les années passent et rien ne s’améliore. Au contraire. Le pays s’enfonce dans la crise et rien n’augure d’un sauvetage possible.

Les politiques s’étripent, les mafieux s’enrichissent, les barbus engraissent, les paresseux se prélassent et l’administration s’encrasse. Chaque jour apporte son lot de difficultés nouvelles, d’entourloupes inédites, de rackets en tous genres et de mafia qui se répand du nord au sud. Le spectacle est permanent : ici, des députés qui s’invectivent, là, des ministres qui changent au gré des intérêts particuliers et des logiques claniques.

La centrale syndicale des travailleurs fait la pluie et le beau temps, se prononce sur les nominations et s’immisce dans les décisions de Carthage. Les médecins désespèrent de soigner des malades qui ne trouvent plus de médicaments et les meilleurs d’entre eux s’en vont à l’étranger. Des pourparlers continuent dans les coulisses entre des formations politiques avides de pouvoir et peu soucieuses de l’avenir du pays, tandis que des pans entiers de l’économie tunisienne sont concédés à la Turquie d’Erdogan.


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Le dernier incident révélateur de ce je-m’en-foutisme triomphant concerne un train de la banlieue de Tunis qui a perdu son chauffeur – descendu pour… Dieu sais quoi – et qui a continué sa route à l’aveugle. Ce que les Tunisiens, bien entendu, ont interprété comme la métaphore de leur pays, sans guide ni pilote.

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