Politique

Abdulhamid al-Dabaiba : « Pour de vraies élections en Libye, il faut une Constitution »

Abdulhamid al-Dabaida (à gauche) © DR

Originaire de Misrata, l'ingénieur libyen Abdulhamid al-Dabaiba, 59 ans, se lance dans la course politique, avec l’ambition d’incarner une alternative à Khalifa Haftar et Fayez el-Sarraj.

Jeune Afrique : Vous avez récemment lancé votre mouvement Avenir de la Libye depuis votre fief de Misrata. Qu’est-ce qui en a motivé la création ?

Abdulhamid al-Dabaiba : Nous avons créé ce mouvement pour proposer une autre perspective, nous mettre au service du peuple, des sans-voix, des travailleurs, des jeunes, rendus invisibles par la guerre et les tueries. Quelque 46 % des Libyens ont moins de 26 ans. Il faut leur apporter des emplois, des écoles et des logements pour qu’ils construisent leur vie de famille. Ils ont aidé à faire évoluer la Libye et ils se sentent aujourd’hui coincés. Nous devons répondre à leurs attentes. Il n’était plus possible de rester dans une simple position d’observateur, alors que la situation se détériorait.

Après la chute du régime Kadhafi, des hommes politiques qui s’étaient exilés sont revenus dans le pays pour nous faire passer, disaient-ils, d’un État postrévolutionnaire à un État normal. En réalité, ils n’ont rien à offrir. Nous, nous connaissons la Libye, nous savons comment résoudre des problèmes très concrets, comme l’accès à l’électricité ou le ramassage des ordures, et aussi les questions de construction et d’infrastructures. Les Libyens attendent le rétablissement des services de l’État, ce que Sarraj et son gouvernement ne parviennent pas à faire. Ce pays est le mien, j’y vis, je veux y élever mes enfants, et je partage les souffrances de mes compatriotes. Je n’ai pas d’autre choix que de m’impliquer pour leur offrir une vie normale.

Il faut rassembler les Libyens de l’Est, de l’Ouest et du Sud, pour faire naître les conditions d’un travail commun

Comment comptez-vous vous y prendre ?

J’ai déjà participé à la construction de la Libye de 2007 à 2011, lorsque j’étais à la tête de la plus grande société libyenne de BTP. À Misrata, nous avons une tradition et un savoir-faire de bâtisseurs. Que nous voulons mettre au service de la Libye de demain. D’abord, il faut rassembler les Libyens de l’Est, de l’Ouest et du Sud, pour faire naître les conditions d’un travail commun. Le système tribal peut aider à résoudre des problèmes très pratiques, mais on ne peut pas gouverner un pays comme ça.

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