Religion

Maroc : la révolution des femmes qui disent la charia

Des candidates se rendant à l’examen de notaire de droit islamique (adoul), le 6 mai, à Rabat. © Fadel Senna/AFP

Plusieurs centaines de Marocaines s’apprêtent à devenir notaires de droit islamique, un métier jusque-là réservé aux hommes. Retour sur une petite révolution.

Le salon de Saïd, à Casablanca, ne compte pas de femme ce jour-là. Dans l’appartement, une assemblée d’hommes se tient face à deux autres représentants de la gent masculine, en djellaba, venus établir une iratha – un acte de succession.

Les deux sexagénaires sont des adoul, des notaires de droit islamique, venus vérifier les papiers administratifs fournis par Saïd, dont la mère est décédée il y a quelques semaines.

Comme l’exige la loi religieuse, douze témoins sont présents. Les adoul rassemblent leurs pièces d’identité avant de les appeler, tour à tour, pour signer le volumineux registre et attester que l’unique descendant et héritier de la défunte n’est autre que le maître des lieux.

En matière de charia, l’égalité hommes-femmes n’existe pas

Une présence féminine se fait sentir à la fin de la cérémonie, lorsque le registre est fermé et qu’une enveloppe garnie de billets de 200 dirhams (18 euros) est glissée à l’un des notaires.

Les témoignages de femmes pour les actes établis chez les adoul ne sont pas recevables

C’est l’épouse de Saïd, portant un plateau de verres de thé. Qui interpelle l’un des notaires : « Dites-moi, le fqih ! Maintenant qu’il va y avoir des femmes adoul, nous autres femmes devrions aussi logiquement pouvoir témoigner dans les actes de succession, au même titre que les hommes. » Le notaire esquisse péniblement un sourire sous sa barbe et balbutie : « Inch Allah, Madame ! »

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