Politique

Éthiopie – Hailemariam Desalegn : « Mon pays avait besoin d’un nouveau visage »

Hailemariam Desalegn avec Abiy Ahmed (à g.), à la Chambre des représentants du peuple, le 2 avril, à Addis-Abeba. © Tiksa Negeri/REUTERS

Il était venu « servir et non se servir ». Avec le sentiment du devoir accompli, il a démissionné après six années au pouvoir. Ce qu’aucun de ses prédécesseurs n’avait jamais fait.

Hailemariam Desalegn goûte à une retraite bien méritée. En démissionnant de son poste de Premier ministre en février et après six années passés au pouvoir, dont trois face à une vigoureuse contestation, il est devenu le premier dirigeant éthiopien à quitter la tête du pays volontairement. Ce faisant, il a permis une révolution doublée d’une autre : l’arrivée au pouvoir d’un Oromo, groupe majoritaire mais historiquement marginalisé, en la personne d’Abiy Ahmed.

Convaincu que l’Éthiopie est désormais sur la bonne voie, Hailemariam Desalegn ne regrette pas son choix. Il faudra, dit-il, bien plus qu’un attentat à la grenade, tel que celui qui a visé le rassemblement géant de Meskel Square, le 24 juin, pour faire dérailler le processus. Il s’est confié à Jeune Afrique en marge du sommet de l’Union africaine de Nouakchott, où il était l’invité spécial du président de la Commission, Moussa Faki Mahamat. À 52 ans, il figure déjà parmi les sages du continent.


>>> À lire –  Enquête : un vent de libéralisation souffle sur l’Éthiopie


Jeune Afrique : En février, vous avez choisi de démissionner. Cette décision a-t-elle été difficile à prendre ?

Hailemariam Desalegn : Lorsque j’étais au pouvoir, ma seule ambition était de sortir mon peuple de la pauvreté et d’approfondir la démocratie dans mon pays. Je pense avoir contribué à trouver des solutions à ces problèmes. Mais j’ai senti que davantage de réformes étaient nécessaires et que je ne pouvais pas les mettre en place moi-même. J’étais venu pour servir et non pour me servir. Il m’a donc été facile de partir. Cela a amené de grands changements dans mon pays. C’était mon souhait. Je peux donc dire que j’ai pris la bonne décision.

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