Livres

« La haine de soi » de Bourahima Ouattara : romanciers africains et clichés exotiques en littérature

Bourahima Ouattara s’attaque violemment au gratin littéraire d’Afrique subsaharienne. © Capture d'écran Dalymotion

Dans un essai provocateur, le docteur en philosophie Bourahima Ouattara accuse plusieurs auteurs contemporains de perpétuer, par calcul, une imagerie dégradante des Noirs. Et lance un gros pavé dans la mare littéraire.

L’ouvrage est d’apparence austère. Avec sa couverture sobre, ses 300 pages d’érudition, son titre pas franchement racoleur, La Haine de soi dans le roman africain francophone, l’essai de Bourahima Ouattara paru chez Présence africaine n’a pas l’allure d’une bombe à retardement. Et pourtant. L’auteur d’origine ivoirienne, docteur en philosophie et sciences sociales de l’École des hautes études en sciences sociales, s’y attaque violemment au gratin littéraire d’Afrique subsaharienne : Yambo Ouologuem, Sami Tchak, Alain Mabanckou… entre autres.

Et son livre, qui est une version modifiée de son doctorat d’habilitation, s’appuie sur une foule d’arguments précis, d’extraits, de références, qui éloignent sa démarche du simple règlement de comptes.


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Quand on le rencontre dans une chambre d’hôtel parisienne, l’auteur est aussi calme et souriant que son ouvrage est brutal. À l’origine de son travail, explique-t-il, il y a la découverte d’un essai pendant ses études de philosophie, La Haine de soi ou le refus d’être juif, paru en 1930, dans lequel le philosophe juif allemand Theodor Lessing montre comment des intellectuels juifs ont pu attiser l’antisémitisme en cherchant à le combattre.

Bourahima Ouattara se dit alors qu’un transfert peut être fait de la littérature judéo-­allemande à la littérature africaine du fait de la proximité des histoires, des souffrances. Et il en arrive à une thèse pour le moins radicale. « Certains romanciers actuels succombent à la tentation de la haine de soi, » déclare tranquillement l’auteur. Ils véhiculent des clichés exotiques sur les Noirs, montrent des personnages qui tentent d’échapper justement à leur “négritude”, qui se dépigmentent la peau…

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