Justice

Algérie : Farid Bedjaoui, passeport libanais et cage dorée à Dubaï

Farid Bedjaoui. © saad

Farid Bedjaoui est réfugié à Dubaï, où il est à l’abri d’une extradition. Qui est vraiment cet intermédiaire sulfureux recherché par la justice de plusieurs pays, dont le sien, et qui vient d’obtenir la nationalité libanaise par décret présidentiel ?

Il lui manquait la nationalité libanaise. C’est désormais chose faite. Algérien de naissance, français et canadien par naturalisation, l’ex-homme d’affaires Farid Noureddine Bedjaoui est devenu citoyen libanais grâce à un décret présidentiel signé par le chef de l’État, Michel Aoun.

Non publié dans le Journal officiel, ce décret, qui concerne plus de 400 personnes dont des Irakiens, des Palestiniens ou des businessmen syriens proches de Bachar al-Assad, suscite une vive controverse au Liban, plusieurs semaines après son entrée en vigueur, le 11 mai. Militants, personnalités de la société civile et partis politiques réputés hostiles au régime de Damas dénoncent les critères douteux de ces naturalisations et le secret qui les entoure. L’ampleur de la polémique est telle que la présidence a sollicité la Direction générale de la sûreté générale (DGSG) afin de réexaminer le dossier. Ceux qui détiendraient des « données avérées » sur des bénéficiaires de cette procédure qui « ne mériteraient pas la nationalité » sont invités à les transmettre à la Sûreté.

Une réputation sulfureuse

Des réserves ou des « données avérées » pour contester la naturalisation de Farid Bedjaoui, 49 ans, ses détracteurs peuvent en produire à la pelle. Car c’est peu dire que cet homme sent le soufre et que son nom traîne un parfum de scandale. Présenté tour à tour comme un escroc en col blanc, un porte-serviette, un facilitateur de haut vol ou un intermédiaire vorace, Farid Bedjaoui passe pour une sorte de « Bernard Madoff » (comme on le surnomme en Algérie) plus jeune de trente ans.

Les affaires et les activités financières de Bedjaoui ? Elles sont tellement éparpillées entre l’Europe, l’Asie, l’Afrique, le Moyen-Orient et les Amériques que journalistes, policiers et magistrats ont le plus grand mal à les cerner. Sa vie dorée, son ascension suivie de sa chute brutale feraient même un excellent scénario pour une série Netflix ou HBO. De tels flibustiers de la finance ne sont pas monnaie courante.

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