Diplomatie

Union africaine : Moussa Faki Mahamat, l’anti-Dlamini-Zuma

Moussa Faki Mahamat lors de la commémoration du génocide des Tutsis, le 7 avril 2017, à Kigali © Pluquet/Alpaca/Andia.fr

Élu en janvier 2017 à la tête de la Commission de l’UA, Moussa Faki Mahamat a su imposer son style, à l’opposé de celui de son prédécesseur. Portrait.

Des mots choisis, une voix posée, une mise impeccable. Moussa Faki Mahamat semble lisse comme un galet du Wadi Fira, la région du nord-est du Tchad où il est né, il y a cinquante-huit ans. La Sud-Africaine Nkosazana Dlamini-Zuma, son prédécesseur, était coupante comme un silex et aimait la bagarre.

Lui préfère la concertation. « Par nature, je cherche les compromis », confie-t-il à Jeune Afrique. Mais cet homme marié et père de cinq enfants est loin d’être un mou. Dans leur fixité, ses yeux noirs trahissent une volonté. La méthode Moussa Faki ? Du franc-­parler à huis clos et de la langue de bois en public. Une main de fer dans un gant de velours. Et une recherche permanente du consensus.

En mai 2001, il est le directeur de campagne du président sortant Idriss Déby Itno. Quoi de plus clivant ? Et pourtant, en janvier 2017, il réussit le tour de force d’être félicité par l’opposant Saleh Kebzabo, qui lance : « Son élection à la tête de la Commission de l’UA est une fierté pour le Tchad. »

Premier enjeu

C’est en novembre suivant, juste avant le sommet UA-UE d’Abidjan, que le nouveau président de la Commission de l’UA est mis pour la première fois au pied du mur. La Côte d’Ivoire, très proche du Maroc, refuse d’inviter la République arabe sahraouie démocratique (RASD), au motif qu’elle n’est pas reconnue par l’UE. Alassane Ouattara ne veut pas prendre le risque de voir Mohammed VI boycotter « son » sommet.

Résultat : un blocage total entre pro- et anti-RASD, les premiers allant jusqu’à exiger que le sommet soit délocalisé à Addis-Abeba. Le Guinéen Alpha Condé et le Français Jean-Yves Le Drian proposent leurs bons offices au roi du Maroc. En vain. Le conseiller spécial de Moussa Faki Mahamat, le Mauritanien Mohamed El Hacen Ould Lebatt, passe alors plusieurs jours à Rabat avec l’entourage du souverain, avant que le président de la Commission le rejoigne. L’entretien sera déterminant, au dire d’un proche du roi.

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