Médias

Infographie : en Afrique du Nord, une presse sous surveillance

Manifestations de journalistes pour la liberté de la presse en juillet 2016 à Alger © Anis Belghoul/AP/SIPA

Pressions politiques ou économiques, menaces, arrestations, procès arbitraires, lois répressives… Tour d'horizon des différents obstacles à la liberté de la presse en Afrique du Nord.

Triste coïncidence. Alors que Saïd Chitour, journaliste algérien, boucle sa première année derrière les barreaux, Merzoug Touati, blogueur, vient lui d’être condamné à dix ans de prison ferme pour avoir diffusé un entretien avec un diplomate israélien. Tous deux sont accusés d’« intelligence avec une puissance étrangère ». Des cas loin d’être isolés dans la région.

Au Maroc, le procès – à huis clos – de Taoufik Bouachrine se tient en ce moment. Il est accusé de viol. Lui dénonce des preuves trafiquées. Au Maroc toujours, Abdelkabir Al Horr a été condamné à quatre ans de prison ferme pour « incitation à une manifestation interdite dans la région du Rif ».

La Tunisie se distingue : aucun journaliste n’y est emprisonné

En Égypte, le blogueur Wael Abbas fait lui grimper à 34 le nombre de journalistes incarcérés cette année. La Tunisie se distingue : aucun journaliste n’y est emprisonné.

Reporters sans frontières

Formes diverses

Mais les obstacles à la liberté de la presse peuvent prendre des formes diverses en Afrique du Nord : pressions politiques ou économiques, menaces, arrestations, procès arbitraires, lois répressives…

La répression a empiré en Égypte depuis 2013 avec l’arrivée de Sissi. Le pays est décrit par Reporters sans frontières (RSF) comme « l’une des plus grandes prisons du monde pour les journalistes ».

L’Algérie utilise rarement la détention, préférant couper les vivres aux médias réputés indociles

L’Algérie utilise rarement la détention, préférant couper les vivres aux médias réputés indociles. Son arme : la puissante Agence nationale d’édition et de publicité, seule habilitée à distribuer les subsides des annonceurs publics.


>>> A LIRE – Algérie : liberté de la presse et soupçons de chantage aux publicités publiques


L’État peut aussi drastiquement restreindre l’importation de journaux étrangers. Jeune Afrique en fait l’amère expérience actuellement, absent des kiosques depuis que son quota a été limité à 350 exemplaires.

En queue de peloton, la Libye. Depuis 2011, 18 reporters y ont péri (aucun cette année). Et le chaos en a poussé un grand nombre à quitter le pays.

Au Maghreb, le mieux classé par RSF est la Mauritanie, 72e sur 180. Le blogueur Mohamed Cheikh Ould Mohamed Mkhaïtir y est détenu pour « apostasie ». Une loi adoptée cette année inquiète les associations : elle rend la peine de mort obligatoire en cas de « propos blasphématoires » et d’« actes sacrilèges ».

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