Politique

Affaire Zinsou-Bonkoungou : des enregistrements audio et vidéo versés au dossier

Lionel Zinsou, ancien Premier ministre du Bénin, et Mahamadou Bonkoungou, patron du groupe Ebomaf. © Photomontage / Vincent Fournier pour JA ; Hippolyte Sama.

Les avocats de Maha­madou Bonkoungou vont verser de nouveaux éléments à la plainte déposée pour « escroquerie » visant Lionel Zinsou. Ce dernier a lui-aussi porté plainte, pour « tentative d'escroquerie au jugement ».

Maha­madou Bonkoungou affûte la plainte qu’il a déposée le 11 avril à Cotonou contre Lionel Zinsou pour « escroquerie aggravée » et « tentative d’escroquerie en bande organisée ». Les avocats du patron d’Ebomaf s’apprêtent à verser au dossier des photos, ainsi que des enregistrements audio et vidéo.

De son côté, Zinsou a porté plainte à Paris, le 14 mai, pour « tentative d’escroquerie financière, tentative d’escroquerie au jugement, extorsion de fonds, faux et usage de faux » – une procédure notifiée à la partie adverse le 22 mai.

Une dette de 15 milliards de F CFA

Auditionné le 26 avril par le procureur de la République Gilbert Togbonon, Maha­madou Bonkoungou avait alors exigé de se voir rembourser une dette de 15 milliards de F CFA (23 millions d’euros) contractée par l’ex-Premier ministre en 2016, durant sa campagne présidentielle au Bénin.

Bonkoungou a alors affirmé que Lionel Zinsou lui avait été présenté par Thomas Boni Yayi, quand celui-ci était président. « Notre première rencontre a eu lieu début 2016 chez le président, dans son bureau à la Marina, puis nous nous sommes revus au domicile de celui-ci à Cadjehoun. Il m’a dit qu’il fallait que j’aide Lionel Zinsou dans le cadre de sa campagne présidentielle car il avait du mal à réunir l’argent », a-t-il précisé, selon le procès-verbal d’audition que Jeune Afrique a pu consulter.

« Il devait me remettre le fruit de la vente de ses actions chez PAI Partners, comme l’a confirmé le président Boni Yayi au cours de notre premier rendez-vous. Lors de cette rencontre, [Lionel Zinsou] a d’ailleurs exhibé les titres de ses actions », a par ailleurs affirmé Bonkoungou, qui soutient qu’une « première partie de l’argent, 4 milliards de F CFA, a été décaissée sous l’insistance du président et remise à son domicile à Cadjehoun ».

Le bras-de-fer judiciaire entre les deux hommes ne cesse de monter en intensité, malgré la tentative de médiation menée avant le début des procédures par le président guinéen Alpha Condé, qui est intervenu auprès du patron d’Ebomaf pour plaider en faveur d’un échelonnement de la dette. Alpha Condé avait auparavant été contacté par l’ancien président sénégalais Abdou Diouf, lui-même appelé à intercéder en sa faveur par Lionel Zinsou.

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